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Les autorités marocaines expulsent un bateau pro-avortement néerlandais

04/10/2012 11:50 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST

SMIR, Maroc - La police marocaine a escorté hors de ses eaux territoriales, jeudi, un petit yacht transportant des militantes des droits des femmes qui affirment pouvoir réaliser des avortements à bord.

Le yacht de l'organisation néerlandaise Women on Waves se dirigeait vers un port de la côte méditerranéenne du Maroc avec des bannières annonçant une ligne téléphonique d'information sur l'avortement, qui est illégal dans la plupart des cas dans ce pays d'Afrique du Nord.

La veille, l'organisation avait annoncé que son bateau, qui peut fournir des «avortements médicaux sûrs et légaux» jusqu'à six semaines et demie de grossesse, était en route pour le Maroc. Women on Waves a déjà mené des opérations similaires dans des pays européens. La fondatrice du groupe a indiqué que des avortements avaient été réalisés à bord du bateau dans les eaux internationales au large de la Pologne.

Le voyage de Women on Waves vers la ville marocaine de Smir était la première tentative de l'organisation dans un pays musulman.

L'avortement est illégal au Maroc, sauf dans de rares cas où la vie de la mère est en danger. Diffuser de l'information sur l'avortement y est aussi illégal.

Les autorités marocaines avaient prévenu que le bateau ne serait pas autorisé à entrer dans le port de Smir. La police a fermé le port pour des «manoeuvres militaires» et a empêché les journalistes d'approcher.

Mais dans l'après-midi, des militantes de Women on Waves ont annoncé qu'elles avaient déjà fait entrer un voilier dans le port de Smir il y a plusieurs jours, de crainte que le port ne soit fermé à l'arrivée du yacht. Le voilier a quitté le port environ une heure après que la fondatrice du groupe, Rebecca Gomperts, eut tenté de distribuer des dépliants d'information à des manifestants qui s'opposaient à sa venue.

La police est ensuite montée à bord du yacht battant pavillon néerlandais et l'a escorté hors des eaux marocaines. Personne n'a été arrêté.

«Nous avons lancé une ligne téléphonique qui donne de l'information aux femmes ici au Maroc, parce que notre bateau ne peut résoudre les problèmes de tout le monde», a dit Mme Gomperts. La ligne en question est en fait un message enregistré qui explique quels médicaments disponibles au Maroc peuvent être utilisés pour interrompre une grossesse non désirée.

Environ 200 manifestants s'étaient réunis près des grilles d'entrée fermées de la marina de Smir. Les manifestants brandissaient des images d'embryons ensanglantés et criaient «terroriste!» et «assassin!» à l'intention de Mme Gomperts.

«Nous sommes ici parce que nous ne pouvons accepter ces valeurs, les valeurs du massacre», a déclaré un manifestant, Abdessamad Zilali, âgé de 23 ans. «Cela ne fait pas partie de notre tradition de tuer les bébés qui ne sont pas encore nés.»

La police a repoussé les manifestants qui tentaient de s'approcher de Rebecca Gomperts et elle a été escortée plus loin pour sa propre sécurité.

Le bateau de Women on Waves avait été invité par une organisation marocaine de défense des droits des femmes qui milite pour la légalisation de l'avortement dans le royaume.

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