NOUVELLES

Le navire pro-avortement déjà au Maroc pour contrer les autorités (militants)

04/10/2012 11:43 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST

Le "navire pour l'avortement" d'une ONG néerlandaise attendu jeudi dans le port de Smir se trouve déjà dans le nord du Maroc "depuis plusieurs jours", pour tromper la vigilance des autorités qui voulaient lui bloquer l'accès, ont reconnu des responsables du projet.

Sur place, le journaliste de l'AFP a pu apercevoir ce bateau, qui se trouve à une vingtaine de mètres du bord, dans une marina proche du port en question. Les forces de l'ordre, une fois le navire repéré, maintenaient cependant les journalistes à bonne distance.

"Le bateau est arrivé il y a quelques jours déjà, car ils ont su que les autorités allaient les bloquer et c'était le seul moyen d'arriver jusqu'aux côtes marocaines", a expliqué à l'AFP une députée néerlandaise, Liesbeth van Tongeren, présente pour l'occasion.

Selon une militante de l'ONG néerlandaise "Women on waves" arrivée par avion, le navire doit rester six jours sur zone avec pour "objectif de réaliser des actes d'avortement (médicamenteux) les plus sécurisés possible".

Mais selon le journaliste de l'AFP, personne ne pouvait pour l'instant descendre du bateau ou monter à bord, en raison notamment de la présence des forces de l'ordre.

"Women on waves", répondant à une invitation d'une association marocaine, avait annoncé son action lundi dans un communiqué qui ne précisait pas le jour et le lieu de l'arrivée du bateau. Mercredi, l'ONG avait indiqué qu'elle comptait entrer jeudi à la mi-journée dans le port de Smir.

Le gouvernement marocain, par la voix du ministère de la Santé, avait réagi en demandant de ne pas laisser le navire arriver. Depuis jeudi matin, une frégate se trouvait à l'entrée du port, prête à intervenir.

C'est la première fois que l'ONG entend mener une telle action dans un pays musulman, qui plus est dirigé par un gouvernement à majorité islamiste. L'avortement est illégal au Maroc mais pratiqué clandestinement par 600 à 800 femmes par jour, selon des estimations.

Quelque 200 membres des jeunes du Parti justice et développement (PJD, au pouvoir) ont manifesté jeudi matin à Smir contre cette opération, qui a également été très critiquée ces derniers jours dans les médias conservateurs marocains.

ob-gk/fc

PLUS:afp