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La Turquie se défend de vouloir déclarer la guerre à la Syrie

04/10/2012 06:29 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST

ANKARA, Turkey - ANKARA (Sipa) — Un conseiller du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré jeudi que la Turquie n'avait pas l'intention de déclarer la guerre à la Syrie, qualifiant d'"avertissement" les bombardements de mercredi et jeudi contre son voisin.

Convoqué en session extraordinaire jeudi matin, le Parlement turc examinait une loi autorisant l'armée à lancer des opérations de l'autre côté de la frontière, en Syrie.

Le conseiller de Recep Tayyip Erdogan, qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat, a assuré qu'Ankara ne comptait pas déclarer la guerre à la Syrie mais que la loi débattue au Parlement visait à lancer "un avertissement" à Damas.

Si la loi était adoptée, elle faciliterait une action unilatérale des forces turques en Syrie, sans l'engagement de ses alliés occidentaux et arabes.

Les tirs de l'armée turque ont repris jeudi contre des cibles syriennes après la mort de cinq civils turcs dans leur village touché par un obus syrien mercredi à Akçakale, près de la frontière, a annoncé la télévision publique TRT.

Le ministère turc des Affaires étrangères n'a pas pu confirmer l'intervention armée et le ministère de la Défense s'est refusé à tout commentaire. La Turquie, qui a renforcé sa présence militaire sur sa frontière ces derniers mois, accueille plus de 90.000 réfugiés syriens dans des camps situés à sa frontière, ainsi que des groupes d'opposition syriens.

Le pilonnage meurtrier de mercredi semblait provenir de forces loyalistes du régime du président Bachar el-Assad. Le ministre syrien de l'Information, Omran al-Zoubi, a présenté ses "plus sincères condoléances au nom du gouvernement syrien aux familles des victimes et au peuple turc". Il a tout de même demandé à la Turquie de mieux contrôler ses frontières et d'"empêcher des militants et des terroristes de les franchir".

Lors d'une réunion d'urgence à Bruxelles dans la nuit de mercredi à jeudi, l'OTAN a condamné les tirs syriens: "l'organisation continue à soutenir la Turquie et demande l'arrêt immédiat de ce type d'actes agressifs contre un allié de l'OTAN". L'Alliance atlantique a appelé également Damas à "mettre un terme aux violations flagrantes des règles internationales".

A New York, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhorté le gouvernement syrien à respecter l'intégrité territoriale de ses voisins. Le porte-parole des Nations unies, Martin Nesirky, a souligné que l'incident de mercredi avait "une nouvelle fois démontré à quel pont le conflit syrien menaçait, non seulement la sécurité du peuple syrien, mais causait de plus en plus de tort à ses voisins". "Le secrétaire général a mis en garde à plusieurs reprises sur la militarisation en cours du conflit syrien, qui entraîne des résultats tragiques pour le peuple syrien", a-t-il rappelé.

A Washington, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Rodham Clinton a exprimé l'indignation des Etats-Unis et souligné que c'était "une situation très, très dangereuse" nécessitant plus que jamais de convaincre le régime Assad de cesser le feu et d'accepter une transition politique du pouvoir.

Selon un haut responsable américain ayant requis l'anonymat, l'échange de tirs encore relativement peu intense entre la Turquie et la Syrie ne déclenchera pas nécessairement de réponse de l'OTAN en application de l'article 5 selon lequel une attaque contre l'un des membres de l'Alliance de l'Atlantique Nord est considérée comme une attaque contre tout le bloc.

A Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a souhaité "que l'ensemble de la communauté internationale, en particulier à travers le Conseil de sécurité (de l'ONU), fasse passer clairement et rapidement un message de condamnation et de grande fermeté aux autorités syriennes".

Il a condamné les tirs d'obus syriens contre Akçakale, déclarant dans un communiqué que "cette violation du droit international constitue une menace sérieuse à la paix et à la sécurité internationales". "La communauté internationale ne peut pas accepter que le régime syrien poursuive ses actes de violence tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de ses frontières. Il faut y mettre fin sans délai", a-t-il dit.

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