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La Tunisie dément avoir censuré un numéro du Canard enchaîné

04/10/2012 08:31 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST

La Sotupresse, la société de distribution des journaux en Tunisie, a indiqué jeudi à l'AFP que le retrait des kiosques d'un numéro du Canard enchaîné correspondait à une opération commerciale visant les invendus et non à de la censure comme l'assurent des médias locaux et français.

"Il n'y a aucune censure, aucune pression. Il s'agit d'un problème de rappel, une opération commerciale", a indiqué Nouri Slah directeur général de la Sotupresse.

Ce responsable a précisé que le retrait des invendus du numéro du 26 septembre visait à faire de la place pour le nouveau numéro, mais qu'un commercial "croyant bien faire" a donné l'ordre du retrait un jour plus tôt que prévu, lundi.

Selon M. Slah, ses services pensaient que le nouveau numéro du journal satirique serait imprimé et distribué un jour plus tôt que d'ordinaire afin de ne pas être lésé par un mouvement social en France.

Des médias français et tunisiens avaient affirmé plus tôt que la Sotupresse avait retiré l'hebdomadaire de la vente en raison d'une image montrant des fesses provenant de la fresque de la chapelle Sixtine et titré "Anus Dei", ce qui pourrait être interprété comme une atteinte au sacré.

M. Slah a rejeté ces arguments, soulignant que le quotidien Le Monde daté du 2 octobre a été distribué alors qu'en page 2 une caricature du prophète Mahomet signé Plantu était publiée.

"Vous n'avez qu'à regarder Le Monde d'hier. (Dans le Canard enchaîné), il y a les fesses de dieu et alors? Il n'y a rien sur le prophète. Les gens se trompent, on les laisse parler pour ne pas jeter de l'huile sur le feu", a-t-il souligné.

Cette polémique intervient trois semaines après les violences meurtrières et le saccage d'une partie de l'ambassade des Etats-Unis et de l'école américaine à Tunis le 14 septembre par des islamistes radicaux qui manifestaient après la diffusion sur internet d'un film islamophobe.

alf/sw

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