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La marine marocaine empêche l'accès au port au "navire pour l'avortement" (ONG)

04/10/2012 07:46 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST

La marine marocaine empêchait jeudi le "navire pour l'avortement" d'une ONG néerlandaise d'entrer dans le port de Smir (nord), où l'équipage entendait proposer cet acte médical qui reste illégal dans le royaume, a annoncé à l'AFP un responsable du projet.

Sur place, les autorités interdisaient l'accès au port aux nombreux journalistes présents en raison de "manoeuvres militaires", selon un journaliste de l'AFP.

"Ils ont fermé le port. Nous pouvons voir un navire de guerre à l'entrée", a affirmé par téléphone Gunilla Kleiverga, une gynécologue qui se trouve à bord du bateau.

"Nous travaillons à un plan alternatif", a-t-elle ajouté sans plus de précision, demandant à la presse de venir au port à 13H00 (13H00 GMT), l'heure d'arrivée annoncée mercredi.

L'ONG néerlandaise "Women on waves", répondant à l'invitation d'une association marocaine, souhaite proposer pendant une semaine des avortements médicamenteux, sans opération, à bord de son bateau au large du Maroc.

C'est la première fois que l'ONG veut mener ce type d'action dans un pays musulman, qui plus est dirigé par un gouvernement à majorité islamiste. L'avortement est illégal au Maroc mais pratiqué clandestinement, selon des estimations, par 600 à 800 femmes par jour.

D'après Rebecca Gomperts, fondatrice de "Women on waves", 78 femmes meurent chaque année au Maroc des suites d'un avortement clandestin. "Seules les femmes qui en ont les moyens bénéficient de la qualité de soins requise", a-t-elle souligné.

Dans une première réaction officielle, le ministère marocain de la Santé a demandé mercredi soir aux "autorités concernées" d'empêcher l'ONG de mener son action.

Se disant "premier responsable de la santé des citoyens et du système de santé", il a souligné n'avoir "autorisé aucune partie ou médecin non résident au Maroc à effectuer" de telles interventions médicales.

La démarche de l'ONG néerlandaise a été abondamment commentée au Maroc, et très critiquée dans des médias conservateurs.

"Women on waves" a déjà conduit des actions similaires au large de l'Irlande, de la Pologne, du Portugal et de l'Espagne, provoquant à chaque fois des protestations de groupes opposés à l'avortement.

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