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Incident Turquie-Syrie: le Conseil de sécurité divisé, Ban Ki-moon inquiet

04/10/2012 04:27 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST

Les membres du Conseil de sécurité s'efforçaient jeudi de réagir d'une seule voix, malgré un blocage de Moscou, à la tension frontalière entre Syrie et Turquie qui a suscité une sévère mise en garde du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

M. Ban s'est dit "inquiet de l'escalade des tensions" à la frontière entre les deux voisins, les appelant à "faire preuve du maximum de retenue". Il a vu dans les échanges de tirs depuis mercredi par-dessus la frontière commune l'illustration du risque que le conflit qui ravage la Syrie depuis près de 19 mois ne se propage à toute la région.

Le médiateur international en Syrie Lakhdar Brahimi a contacté les responsables turcs et syriens pour "les encourager à faire baisser la tension", a indiqué le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky.

Au Conseil de sécurité, les 15 pays membres peinent à s'accorder sur une déclaration commune car la Russie s'efforce d'édulcorer la réaction du Conseil pour protéger son allié syrien, selon des diplomates occidentaux.

Un premier texte, qui aurait dû être adopté jeudi matin, a été rejeté par Moscou et les experts des 15 pays planchaient dans l'après-midi sur une nouvelle mouture.

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a assuré aux journalistes "qu'il devrait y avoir une déclaration" en fin de compte mais n'a pas précisé s'il était satisfait du dernier état du texte.

La Russie, comme la Chine, a déjà mis son veto au Conseil à trois résolutions occidentales visant à sanctionner Damas depuis le début de la crise syrienne en mars 2011.

Le texte bloqué jeudi par Moscou condamnait "dans les termes les plus fermes" les tirs syriens contre la Turquie, estimant qu'ils "constituaient une grave menace pour la paix et la sécurité internationales".

Selon un diplomate, la Russie veut retirer du texte cette référence à la paix et à la sécurité, et insister sur une enquête pour déterminer l'origine des tirs qui ont causé la mort de cinq civils turcs.

"Certains amendements proposés par un pays membre n'ont pas été considérés comme acceptables par beaucoup de pays du Conseil", a expliqué à la presse l'ambassadrice américaine Susan Rice, qui s'est "refusée à prédire le résultat" des tractations en cours. "Nous pensons qu'il est très important pour le Conseil de sécurité de condamner rapidement et clairement ces tirs d'obus", a-t-elle souligné.

L'ambassadeur allemand à l'ONU Peter Wittig a lui aussi jugé "important pour le Conseil d'agir de manière responsable et unie de façon à éviter" une escalade.

La Turquie avait saisi mercredi soir le Conseil après des tirs d'obus syriens qui ont fait cinq morts dans un village proche de la frontière, lui demandant de "prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à de tels actes d'agression et pour garantir que la Syrie respecte la souveraineté, l'intégrité territoriale et la sécurité de la Turquie".

Ankara a depuis lors riposté, en visant des positions syriennes de l'autre côté de la frontière, tandis que Damas présentait des condoléances à Ankara et annonçait l'ouverture d'une enquête sur l'origine des tirs.

Pour autant la Turquie n'a "pas l'intention de déclencher une guerre avec la Syrie", a affirmé jeudi son Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

La Syrie de son côté "ne cherche pas l'escalade avec ses voisins, y compris la Turquie", a affirmé aux journalistes l'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar Jaafari: "En cas d'incident frontalier entre deux Etats, les gouvernements doivent agir de manière sage, rationnelle et responsable".

Mais à une question sur d'éventuelles excuses syriennes --évoquées par Ankara-- il s'est borné à répondre que l'enquête que Damas entend mener sur cet incident "n'était pas encore terminée".

avz/mdm

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