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Four Nations - Australie: les Wallabies au bord du gouffre

04/10/2012 07:40 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST

L'Australie achève samedi par un match à hauts risques en Argentine son décevant Four Nations, qui a suscité une vive inquiétude au pays et placé l'entraîneur Robbie Deans en position précaire.

Les Wallabies, vainqueurs du Tri-Nations l'an dernier et troisièmes de la Coupe du monde dans la foulée, pointent en avant-dernière place (2 victoires, 3 défaites) juste devant les novices argentins.

L'ultime rencontre samedi (20h10 locales, 01h10 en France) à Rosario a tout du traquenard face à des Pumas déterminés à remporter une première victoire dans le tournoi, après avoir tenu en échec les Springboks (16-16).

Contraint d'aligner trois joueurs inexpérimentés (Tapuai 1 sélection, Harris 6, Cummins 0) dans sa ligne de trois-quarts en raison des blessures, l'encadrement a anticipé un rude combat d'avants --secteur défaillant en Afrique du Sud (défaite 31-8) la semaine dernière-- en titularisant le deuxième ligne Sitaleki Timani (2,06 m, 120 kg) au poste de flanker.

Les Wallabies n'ont pas droit à l'erreur. La correction reçue en Afrique du Sud (5 essais encaissés) a ravivé les critiques au pays.

Les blessures de plusieurs leaders de jeu et/ou de vestiaire, comme le deuxième ligne et capitaine James Horwill, l'ailier et buteur James O'Connor, le troisième ligne Stephen Pocock, le demi de mêlée Will Genia et l'ouvreur Quade Cooper ne sont plus une excuse.

Et le Néo-Zélandais Robbie Deans, arrivé à la tête des Wallabies en décembre 2007, est dans l'oeil du cyclone.

Le bilan du premier entraîneur étranger de la sélection australienne est mitigé: 38 victoires, pour un nul et 26 défaites (58% de succès). Quelques gifles sont restées dans les mémoires: en Ecosse (9-8) en novembre 2009, en Angleterre (35-18) en novembre 2010 ou contre l'Irlande (15-6) en match de poule du Mondial-2011.

Certains appellent au départ de Deans quel que soit le résulat samedi.

"De nos jours, c'est réussir ou périr, affirmait en début de semaine l'ex-capitaine des Wallabies Andrew Slack. Le public va chercher un bouc émissaire et, à tort ou à raison, la responsabilité des résultats incombe à l'entraîneur."

"Si on ne sort pas le matériel de réanimation maintenant, notre jeu va déraper jusqu'au point de non-retour. Il faut poser le défibrillateur et la première décharge doit faire partir Robbie Deans", a renchéri le chroniqueur Wayne Smith dans The Australian.

Ces critiques acerbes contre l'entraîneur viennent s'ajouter à celles, retentissantes, de Quade Cooper contre l'encadrement de la sélection et la Fédération (ARU). "J'aime le rugby mais il y a de la m...e qui se passe derrière et au-dessus des joueurs (qui affecte) l'organisation toute entière !", estimait le joueur sur son compte Twitter le 24 septembre.

Face à ces attaques, y compris contre elle, l'ARU pourrait choisir de maintenir coûte que coûte le cap qu'elle a fixé avant la Coupe du monde 2011 en prolongeant Deans jusqu'à fin 2013.

Il y a peu d'options sérieuses pour une éventuelle succession, si ce n'est Ewen McKenzie, qui a mené les Queensland Reds au sacre en Super-15 en 2011, voire le Sud-Africain Jake White, entraîneur des champions du monde Springboks en 2007 aujourd'hui chez les ACT Brumbies.

Mais la route jusqu'à 2013 est semée d'embûches. Après l'Argentine s'annonce une tournée d'automne relevée avec des test-matches en France (10 novembre), en Angleterre (17 novembre), en Italie (24 novembre) et au pays de Galles (1er décembre).

sva/gf/jr

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