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Crise de la monnaie: calme rétabli à Téhéran au lendemain d'échauffourées

04/10/2012 05:43 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST

Le calme régnait jeudi à Téhéran au lendemain d'échouffourées entre des protestataires et la police alors que la monnaie iranienne a enregistré une baisse historique due aux sanctions, mais les changeurs et la plupart des commerces étaient fermés, selon des témoins.

Les magasins du Grand bazar, le quartier commerçant de la ville d'ordinaire très animé, étaient pour la plupart fermés, avec seulement quelques boutiques donnant sur la rue ouvertes.

"Je devrais être fermé mais j'ai besoin de clients. Je vais peut-être fermer plus tard", explique un marchand de vêtements sous le couvert de l'anonymat, dans le Bazar étrangement calme pour un jeudi, jour de congé hebdomadaire d'ordinaire marqué par une forte affluence.

"La situation ne peut plus continuer comme ça", ajoute le commerçant, imputant la chute du rial aux sanctions internationales imposées à l'Iran en raison de son programme nucléaire controversé.

Dans le quartier proche de Ferdossi, la police patrouillait à proximité des bureaux de change fermés.

Mercredi, selon des témoins, la police est intervenue de manière musclée dans la capitale pour arrêter des revendeurs illégaux de devises accusés d'être en partie responsables de la chute vertigineuse du cours du rial.

Elle a ordonné la fermeture de tous les magasins de Ferdossi. Des échauffourées se sont alors produites, des bennes à ordures ont été incendiées, la police a été la cible de jets de pierres et plusieurs personnes ont été arrêtées.

Seize personnes, présentées comme des opportunistes "ayant perturbé le marché des changes", ont été arrêtées, a annoncé le bureau du procureur de Téhéran dans un communiqué.

Ces personnes sont accusées d'avoir réalisé des opérations de change en dehors des canaux autorisés et provoqué l'anxiété publique "qui a abouti à la hausse irrationnelle du taux de change".

Le rial iranien a connu mardi une chute historique face au dollar, poussant le ministre de l'Economie, Shamseddine Hosseini, à annoncer une intervention des autorités pour "arrêter la foire aux devises" (le marché noir) en renforçant le centre de change officiel.

La plupart des commerçants avaient déjà fermé mercredi dans le Grand bazar de Téhéran en raison des incertitudes sur la monnaie. La police les a prévenus qu'ils s'exposaient à des sanctions s'ils ne rouvraient, mais jeudi, environ 75% des magasins étaient fermés.

L'Union des détaillants et des producteurs du Bazar a indiqué dans un communiqué publié par l'agence Mehr que tout le Bazar serait ouvert samedi "en présence des forces de sécurité". Elle a critiqué le gouvernement qui a "infligé des dégâts à l'économie de la nation en prenant de mauvaises décisions".

L'Iran est soumis à des sanctions de l'ONU renforcées par des sanctions pétrolières et bancaires américaines et européennes. L'objectif est de priver le pays de ses revenus pétroliers dans le but de le pousser à cesser ses activités nucléaires soupçonnées, malgré les démentis de Téhéran, de comprendre un volet militaire.

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