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Bombardements de l'armée et multiplication des attaques rebelles en Syrie

04/10/2012 01:43 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST

L'armée syrienne a bombardé sans relâche jeudi plusieurs régions où sont retranchés des rebelles qui ont multiplié leurs attaques contre les forces du régime tuant 46 d'entre eux, dont 21 membres de la force d'élite de la Garde républicaine, selon une ONG syrienne.

Au total, au moins 123 personnes -- 56 civils, 46 soldats et 21 rebelles -- ont péri jeudi dans les violences à travers le pays, selon un bilan provisoire de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

A la frontière avec la Turquie, la tension était vive après des bombardements par l'armée turque de cibles en territoire syrien, en riposte à des tirs meurtriers la veille sur le village turc d'Akçakale. Les bombardements turcs ont visé en particulier une position de l'armée syrienne dans la région de Rasm al-Ghazal (nord), tuant "plusieurs soldats syriens", selon l'OSDH.

A Qoudsaya, dans la banlieue ouest de Damas, 21 membres de la Garde républicaine ont été tués dans une explosion ou dans des affrontements avec les rebelles, a annoncé à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Les forces de l'ordre avaient procédé à des perquisitions et à des arrestations dans cette localité bastion de l'Armée syrienne libre (ASL, composée de déserteurs et de combattants civils), selon cette organisation qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins sur place.

Toujours dans la province de Damas, l'armée a bombardé la ville de Zabadani, les vergers de Jdeidet Artouz, la Ghouta et la localité de Sabqa. A Zakia, 17 civils et rebelles ainsi que 8 membres des forces gouvernementales ont péri dans les bombardements et les combats, selon la même source.

L'armée tente depuis plusieurs semaines de chasser les rebelles de la province de Damas, après que les violences ont atteint la capitale mi-juillet.

Dans les provinces d'Idleb (nord-ouest), de Deir-Ezzor (est), de Homs et Hama (centre), de Lattaquié (ouest) et de Deraa (sud), plusieurs localités ont été visées par les bombardements qui se poursuivaient en soirée, et les rebelles ont opposé une résistance farouche à l'armée, selon l'OSDH.

A Alep (nord), deuxième ville du pays où les combats font font rage depuis le 20 juillet, les quartiers de Salaheddine (ouest), Bab al-Nasr (centre) et Sakhour (est) ont été la cible de bombardements intensifs et de combats, selon la même source. Plusieurs autres quartiers étaient pilonnés en soirée.

La télévision officielle syrienne a affirmé qu'à Alep, les forces du régime avaient "sécurisé le quartier de Sleimane al-Halabi après l'avoir nettoyé des groupes terroristes armés", en allusion aux insurgés.

Armée et rebelles revendiquent régulièrement des gains territoriaux depuis le début de la bataille d'Alep, mais la situation y reste très volatile.

Mercredi, un triple attentat à la voiture piégée dans le centre d'Alep, revendiqué par le Front al-Nosra, un groupe jihadiste, a tué au moins 48 personnes, en majorité des militaires.

Les autorités syriennes, dans un message adressé à l'ONU, ont affirmé que cet attentat s'ajoutait à "la série d'explosions perpétrées par des groupes mercenaires et terroristes qui viennent en Syrie et qui sont financés, armés et entraînés par des pays de la région et d'ailleurs".

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