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Après le débat Obama/Romney, troisième mi-temps en salle de presse

04/10/2012 12:53 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST

A la seconde où Mitt Romney concluait le débat de mercredi à Denver dans le Colorado (ouest) face à Barack Obama, le sénateur républicain Marco Rubio livrait son verdict en salle de presse: son candidat a remporté le face à face -- et de loin.

Arrivé deux minutes plus tôt, entouré d'une dizaine de caméras et sous une pancarte rouge "Rubio" tenue par un jeune homme, le sénateur attend patiemment le mot de la fin de son candidat pour se lancer dans une critique dithyrambique de sa performance.

"Je pense que la course a changé, Mesdames et Messieurs", déclare solennellement le jeune sénateur de Floride. Evaluant la performance du président, il affirme que "l'argument en faveur de sa candidature est fin comme du papier à cigarette", une formule visiblement préparée.

Autour de lui, une douzaine de conseillers suivis de leurs pancartes envahissent l'immense salle de presse où des centaines de journalistes viennent de regarder le débat sur des écrans de télévision. La course pour influencer l'interprétation médiatique du débat a commencé.

Le nom de cet espace où presse et campagnes se mélangent: la "spin alley" (en français: l'allée des "éléments de langage"), le mot "spin" signifiant littéralement "faire tourner".

Seule une poignée de journalistes du "pool" ont pu assister au débat dans l'auditorium de l'université de Denver avec le reste du public. Les milliers d'autres sont installés dans ce gymnase.

Avides de commentaires, les reporters se jettent sur des conseillers et stratèges, d'accès si difficile en temps normal mais soudain disponibles.

A quelques mètres de Marco Rubio, l'ancien maire de New York Rudy Giuliani se promène. Pressé de questions mais nullement pressé, il répond gaiement au journaliste qui lui demande deux minutes de son temps: "Je ferai tout ce que vous voulez, je fais des allées et venues".

Une meute se forme près des tables des correspondants de la Maison Blanche: le proche conseiller de Barack Obama, David Plouffe, analyse la soirée.

"Est-ce que Mitt Romney a poussé Barack Obama dans ses retranchements?", lui demande un journaliste à l'accent britannique.

"Je ne pense pas du tout ! (...) Mitt Romney était sur la défensive", répond-il.

"La blogosphère de gauche est énervée parce qu'Obama n'a pas utilisé les mêmes arguments que dans sa campagne..." enchaîne Bill Plante, correspondant de la chaîne CBS à la Maison Blanche.

- Mais il en a parlé!

- Il n'a pas parlé de la vidéo des 47%!

- "Nous ne parlons pas des 47% dans la plupart de nos discours", rétorque le stratège, à propos de la vidéo volée de Mitt Romney qualifiant de "victimes" les 47% d'Américains non imposables.

La grande affaire est l'impact du débat sur les sondages. La performance du président peut-il lui coûter des points?

"Les sondages nationaux ne nous intéressent pas. Nous respectons les électeurs de New York et d'Alabama, mais ils ne contribuent pas" à la victoire, affirme M. Plouffe, focalisé sur quelques Etats clés comme l'Ohio (nord).

Le président américain est élu par des grands électeurs désignés par chaque Etat d'où le rôle crucial joué par une dizaine d'Etats où la bataille est indécise.

Marco Rubio, lui, a déjà disparu, mais pas avant un passage sur le plateau de la chaîne Fox News. En moins d'une heure, ses bonnes formules auront été disséminées sur plusieurs dizaines de médias américains et étrangers.

ico/lb

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