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03/10/2012 01:12 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST

Vatican : le procès du majordome se poursuit après l'audition de policiers

VATICAN, État de la Cité du Vatican - La police du Vatican a déclaré mercredi avoir découvert des milliers de pages de documents confidentiels sur la franc-maçonnerie, les services secrets ainsi que des lettres internes au Saint-Siège dans l'appartement de l'ancien majordome du Pape Benoît XVI.

Paolo Gabriele, qui plaide innocent, risque jusqu'à quatre ans de prison pour vol aggravé mais la plupart des spécialistes du Vatican pensent qu'il recevra le pardon du pape s'il est jugé coupable. Le verdict est attendu samedi.

«Je me déclare innocent de l'accusation de vol aggravé. Je me sens coupable d'avoir trahi la confiance du Saint-Père, que j'aime comme un père», a déclaré l'accusé au tribunal mardi.

L'ancien majordome âgé de 46 ans a été arrêté le 23 mai à son domicile au Vatican, en possession selon les enquêteurs d'une «montagne de documents» confidentiels. Il est accusé d'avoir dérobé puis photocopié différents écrits exposant au grand jour des querelles intestines, des luttes de pouvoir sans merci, mais aussi des faits de corruption présumés au plus haut niveau du Saint-Siège. Les fuites alimentaient la presse italienne depuis plusieurs mois.

D'après le procureur Nicola Picardi, Paolo Gabriele a expliqué lors d'un interrogatoire, début juin, vouloir dénoncer «le mal et la corruption» au sein de l'Église. Mû selon ses dires par l'Esprit Saint, il était «certain qu'un choc, même médiatique, serait salutaire pour ramener l'Église sur le droit chemin».

Le procès a repris mercredi avec les témoignages des quatre membres de la police vaticane qui avaient participé à la fouille de l'appartement de l'intéressé. Le procès doit s'achever samedi, après quoi le collège de trois juges du Vatican devrait rendre son verdict.

La police du Vatican, qui protège le pape aux côtés des gardes suisses, a insisté sur la profusion de documents trouvés chez Gabriele, chacun des officiers en égrenant les sujets à peu près dans le même ordre bien qu'ils n'aient pas entendu les témoignages des autres.

La ligne de défense de l'avocate de l'ex-majordome commence à prendre forme. Me Cristiana Arru a ainsi demandé à chacun des officiers de police s'il avait participé à des recherches séparées dans l'appartement de Gabriele, à Castel Gandolfo, dans la province de Rome, où le pape passe ses étés.

La police du Vatican est autorisée à inspecter les zones extérieures au Vatican sans une autorisation explicite des autorités italiennes mais elle a également saisi 37 documents à Castel Gandofo.

Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a expliqué qu'aucune autorisation explicite n'était exigée des autorités italiennes puisque les documents saisis concernaient le Vatican et avaient été trouvés dans un appartement de fonction du Vatican. Il a néanmoins précisé que la Cour n'accepterait pas les documents puisqu'ils venaient de l'extérieur de la Cité du Vatican.

Me Arru s'est attachée à demander pourquoi aucun inventaire de la documentation n'avait jamais été dressé. Elle a aussi questionné chaque officier sur la présence d'une pépite supposée être en or et d'un chèque d'une valeur de 100 000 euros adressé au pape, que la police dit avoir trouvé dans l'appartement de son client dans la Cité du Vatican. Gabriele a déclaré n'avoir jamais vu la pépite ou le chèque auparavant.

Parallèlement, une autre enquête du Vatican a été lancée mardi sur plainte de l'avocate de Paolo Gabriele pour conditions de détention indignes de son client.

L'avocate affirmait que son client avait passé les 20 premiers jours de sa détention dans une cellule où il ne pouvait étendre ses bras et où les lumières restaient allumées 24 heures sur 24. L'officier chargé de l'ancien majordome a assuré que ce dernier l'avait remercié de façon «répétée» de prendre autant soin de lui et de sa famille.

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