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Sous pression, Clinton s'engage à faire la lumière sur l'attaque à Benghazi

03/10/2012 05:15 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton s'est engagée mercredi à faire la lumière sur l'attaque du consulat américain de Benghazi, après des pressions de l'opposition républicaine qui dénonce des failles en matière de sécurité et de renseignement avant l'attentat.

L'administration du président Barack Obama, notamment le corps diplomatique, est sous le choc depuis cet attentat perpétré à Benghazi le jour du 11e anniversaire du 11-Septembre, qui a coûté la vie à l'ambassadeur en Libye Christopher Stevens et à trois autres agents américains.

Mais trois semaines après ce drame, "il reste des questions sur ce qui s'est exactement passé à Benghazi cette nuit-là (...) et nous ne serons pas tranquilles tant que nous n'y aurons pas répondu, tant que nous n'aurons pas retrouvé les terroristes qui ont tué nos concitoyens", a reconnu mercredi Mme Clinton lors d'un point de presse.

Car à l'approche de la présidentielle du 6 novembre, le gouvernement démocrate est brocardé par le camp républicain qui lui reproche d'avoir constamment changé de versions sur l'attaque, d'abord qualifiée de "spontanée" avant d'admettre un "acte terroriste" lié à Al-Qaïda.

Et les républicains ont lancé une nouvelle charge depuis mardi.

Un parlementaire, Darrell Issa, a exigé par écrit de Mme Clinton qu'elle fasse toute la lumière sur les conditions de sécurité autour de l'ambassadeur et du consulat avant l'attaque. D'après l'élu, "le poste diplomatique américain en Libye avait plusieurs fois réclamé un renforcement de la sécurité à Benghazi", mais "Washington n'avait pas accédé à cette demande".

M. Issa égrène aussi une dizaine d'attaques ou de menaces contre des Américains et des Occidentaux à Benghazi ces derniers mois, dont une bombe contre le consulat américain le 6 juin et un tir de roquette sur un convoi diplomatique britannique cinq jours plus tard.

La télévision CNN a également fait grand cas du journal personnel de l'ambassadeur Stevens que la chaîne a retrouvé dans les décombres du consulat et dans lequel le diplomate redoutait d'être une cible d'Al-Qaïda.

M. Stevens, mort à 52 ans, était considéré par ses pairs comme un expert de de la région, parlant l'arabe et très à l'aise en Libye depuis qu'il avait été envoyé spécial de son pays à Benghazi pendant la révolution de 2011.

Sous pression, Mme Clinton a répondu à l'élu républicain, par courrier et devant la presse, que son administration et le Congrès "voulaient tous deux le même résultat: un inventaire complet et précis de ce qui s'est passé et le moyen d'éviter que cela ne se reproduise".

Une audition à la Chambre des représentants est programmée le 10 octobre.

Parallèlement, la secrétaire d'Etat a rappelé avoir mis sur pied une commission qui doit "déterminer si les mesures de sécurité à Benghazi étaient correctement appliquées", quels étaient les renseignements sur la menace extrémiste avant l'attaque et "quelles sont les leçons à en tirer pour notre travail dans le monde entier".

Mme Clinton a reconnu qu'"il faudra du temps avant de comprendre totalement ce qui s'est vraiment passé" cette nuit du 11 septembre. Pour ce faire, Washington a dépêché en Libye des enquêteurs du FBI, qui sont à Tripoli, mais pas encore à Benghazi. Les autorités libyennes mènent, elles aussi, leurs investigations.

D'après une journaliste de l'AFP à Benghazi, le consulat n'était pas particulièrement protégé avant l'attentat, contrairement aux missions américaines dans des pays sensibles. De fait, le poste de Benghazi "n'avait rien de la structure sécuritaire qui lui aurait permis de se défendre", pointe William Lawrence, ex-conseiller à la Maison Blanche et expert de l'International Crisis Group (ICG).

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