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Les routes d'Obama et de Romney se sont rarement croisées (VIDÉOS)

03/10/2012 03:56 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST
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WASHINGTON - Un Barack Obama plus amorphe qu'à l'accoutumée a croisé le fer contre un Mitt Romney efficace et éloquent à l'occasion du très attendu premier débat présidentiel, mercredi soir, offrant au peuple américain un aperçu sans filtre des deux hommes un mois avant l'élection présidentielle du 6 novembre.

Les réponses souvent décousues du président sortant, marquées de pauses et d'hésitations, aux questions portant sur la politique intérieure contrastaient avec l'attitude énergique de M. Romney, qui a plusieurs fois parlé en même temps que le modérateur Jim Lehrer, de la chaîne PBS, pour promouvoir ses politiques et critiquer son adversaire démocrate.

«Les prix de l'essence ont doublé durant le règne du président», a lancé M. Romney.

«Les tarifs d'électricité ont grimpé. La nourriture coûte plus cher. Les coûts des soins de santé ont augmenté de 2500$ par famille. Les familles de classe moyenne se font écraser. Regardez les données des quatre dernières années. C'est absolument extraordinaire.»

Alors que M. Obama fronçait les sourcils, M. Romney poursuivait sur sa lancée.

«Aller de l'avant en adoptant le statu quo n'aidera pas les Américains qui en arrachent aujourd'hui.»

Le président, en effet, a paru sombre et hésitant pendant la majeure partie du débat, regardant fréquemment ses notes avec un sourire crispé pendant que M. Romney se défendait vigoureusement contre les attaques inégales de son adversaire sur des thèmes aussi variés que son programme de création d'emplois et ses politiques en matière d'éducation.

«Le gouverneur Romney pense que si nous baissons les impôts (...) et que nous diminuons les règles, nous serons mieux. J'ai une vision différente», a dit Barack Obama, en ajoutant que les politiques fiscales du candidat républicain «penchent en direction des riches».

Même si M. Obama a plusieurs fois suggéré le contraire, M. Romney a martelé : «Je ne réduirai pas les impôts des Américains au revenu élevé. (...) Je ne suis pas favorable à des baisses d'impôts de 5000 milliards $US».

Barack Obama a rejeté son affirmation, en déclarant que de telles assurances étaient mathématiquement impossibles parce qu'un gouvernement à court d'argent ne peut à la fois diminuer les impôts, augmenter les dépenses et réduire la dette nationale.

«La vérité, c'est que si vous diminuez les taux (d'imposition) de la façon dont vous le dites, ce n'est pas possible (...) C'est mathématique, arithmétique», a dit M. Obama.

Cependant, le président a été incapable d'attaquer M. Romney, même une seule fois, sur l'épisode le plus dévastateur de sa campagne présidentielle — les récentes remarques du candidat républicain à l'effet que près de la moitié des Américains ne voteront pas pour lui parce qu'ils vivent au crochet du gouvernement.

Plutôt, M. Obama s'est retrouvé sur la défensive pendant la majeure partie du duel.

Pendant que le clan Romney célébrait la performance de l'ancien gouverneur à l'issue du débat — certains commentateurs conservateurs considéraient qu'il s'agissait de la meilleure prestation de la part d'un candidat républicain depuis des décennies — la réaction de l'équipe Obama a été immédiate.

«Le président a traité les Américains comme des adultes», a déclaré Jen Psaki, secrétaire de presse de M. Obama, à ABC News quelques minutes après la conclusion du débat.

Ce n'était que la quatrième fois que les deux candidats à la présidence se rencontraient en personne. En arrivant sur la scène du débat, à l'université de Denver, au Colorado, ils se sont serré la main et ont échangé quelques mots en riant, comme s'ils étaient de vieux amis.

Ils ont tous les deux semblé nerveux en répondant à la première question du modérateur Jim Lehrer, de la chaîne PBS, qui leur a demandé d'exposer leurs différences sur les politiques économiques.

Mitt Romney a affirmé que son programme économique comprenait l'indépendance énergétique, une plus grande promotion du commerce, des mesures visant à assurer que les Américains ont les compétences nécessaires pour réussir, l'équilibre budgétaire et le soutien aux petites entreprises.

Après une quinzaine de minutes de débat, le candidat républicain est devenu plus énergique face au président sortant, en particulier sur la question des impôts.

Le candidat républicain a par ailleurs promis d'abroger la réforme de la santé du président Obama, estimant qu'elle augmentait les coûts du système de santé et qu'elle avait mené à des coupes dans Medicare, l'assurance-santé des personnes âgées.

Mitt Romney a déclaré que le président Obama avait gaspillé son énergie à faire adopter sa réforme de la santé plutôt que de tenter de relancer l'économie.

Il a affirmé que la réforme de la santé était coûteuse et que les mesures coûteuses nuisaient aux familles.

Barack Obama a répliqué que son administration avait élaboré la réforme de la santé tout en travaillant à créer des emplois. Il a souligné que la réforme avait notamment permis d'aider les personnes déjà malades à obtenir une assurance-santé.

Il a rappelé que sa réforme de la santé était inspirée de la réforme que M. Romney a soutenue quand il était gouverneur du Massachusetts.

«Nous avons vu que ce modèle fonctionnait vraiment bien au Massachusetts», a lancé le président.

Des millions d'Américains regardent les débats présidentiels, même si ceux-ci ont rarement modifié le cours des campagnes électorales aux États-Unis. Jusqu'à 60 millions d'Américains devaient regarder le débat de mercredi soir.

Le débat de Denver était considéré comme particulièrement important pour Mitt Romney. Même s'il est presque à égalité avec Barack Obama dans les sondages nationaux menés au cours des derniers jours, il est toujours à la traîne dans plusieurs États-pivots qui pourraient décider de l'issue du scrutin.

Les trois débats présidentiels sont considérés comme sa dernière grande chance de donner un nouveau virage à sa campagne et de combattre les perceptions négatives à son égard. Depuis le début de la campagne, l'équipe de Barack Obama le présente comme un multimillionnaire insensible qui ne se soucie pas de l'Américain moyen.

Pour Barack Obama, le défi était répondre de façon simple et lapidaire aux attaques de son rival, alors qu'il a généralement tendance à divaguer dans ses réponses. Dans la première demi-heure du débat, il souriait souvent en regardant ses notes, tandis que son rival parlait.

Le débat a commencé sur une touche romantique. Barack Obama a déclaré qu'il y a 20 ans, il était devenu «l'homme le plus chanceux sur Terre» quand sa femme Michelle a accepté de l'épouser.

Le couple présidentiel célébrait mercredi son 20e anniversaire de mariage. Michelle Obama était présente dans la salle pour assister au débat.

Mitt Romney a félicité le couple Obama, en faisant preuve d'humour.

«Je suis sûr que c'est l'endroit le plus romantique que vous pouviez imaginer, ici avec moi».

Le président Obama a promis que l'an prochain, sa femme et lui ne célébreraient pas leur anniversaire «devant 40 millions de personnes».

Les deux prochains débats présidentiels auront lieu le 16 octobre dans l'État de New York et le 22 octobre en Floride.

Le vice-président Joe Biden et le colistier de Mitt Romney, Paul Ryan, s'affronteront quant à eux le 11 octobre au Kentucky.

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