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03/10/2012 01:56 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST

Quand Obama regarde les États-Unis par les fenêtres de sa voiture blindée

HENDERSON, États-Unis - Parfois, il suffit que Barack Obama se penche à une fenêtre pour constater les difficultés économiques que traversent les États-Unis. En déplacement à Henderson, dans le Nevada, pour la préparation du débat de mercredi soir, le président et son convoi sont ainsi passés devant d'opulentes résidences dont plusieurs étaient vides ou avaient perdu une grande partie de leur valeur initiale, victimes de la crise immobilière.

Un peu plus loin sur la route, le cortège est passé devant l'un des deux golfs fermés dans le quartier. Sur la rue principale, un centre commercial flambant neuf n'abritait aucune boutique. Et si M. Obama n'avait pas compris les problèmes économiques que rencontrent les Américains, une banderole au-dessus d'un magasin affirmait: «Président Obama, il nous faut moins d'impôts».

Par les vitres de sa voiture officielle blindée, Barack Obama voit défiler sans filtre le pays qu'il dirige et les difficultés qui l'attendent pour remporter un second mandat dans un contexte de fragile reprise économique. La récession a officiellement duré de décembre 2007 à juin 2009, mais le taux de chômage n'est pas descendu sous les 8 pour cent de la population active depuis janvier 2009 aux États-Unis.

Souvent cloîtré dans la Maison-Blanche, M. Obama dit apprécier cette occasion de constater par lui-même la vérité du terrain, particulièrement dans les États-clés qui décideront de l'issue de l'élection du 6 novembre. «Ça fait du bien de sortir de Washington», lance-t-il souvent à la foule lors de ses déplacements de campagne, qu'il se trouve dans une communauté en pleine expansion économique ou en difficulté.

Évidemment, le président Obama voit bien plus que les réalités économiques à bord des limousines noires et des tout-terrain qui font la navette vers les États-pivots du Colorado, du New Hampshire ou de la Floride plusieurs fois par semaine.

Ses assistants assurent que le président est particulièrement frappé par les groupes de personnes qui attendent, alignées sur le bord de la route, le passage de son cortège. Parmi eux, des partisans ou des manifestants qui expriment, les uns leurs remerciements, les autres leurs griefs. Il insiste pour leur faire signe à travers ses vitres teintées, même lorsqu'il se trouve au téléphone ou en pleine réunion avec ses conseillers, et même si on ne le voit pas clairement de l'extérieur.

Pendant ses tournées électorales en autocar, M. Obama fait souvent signe à ses assistants quand il y a beaucoup de partisans sur le bord de la route. Le chauffeur ralentit et M. Obama marche vers l'avant du bus, pour mieux voir et être vu de la foule.

Lundi, la foule s'est massée dans le stationnement du lac Mead pour regarder passer le président en route pour un rassemblement de campagne près de Las Vegas. Plusieurs ont pris des photos ou tourné des vidéos avec leur téléphone portable. D'autres agitaient des drapeaux ou faisaient signe au président. Des familles entières se tenaient sur leur balcon pour voir le cortège traverser ce quartier ouvrier à majorité hispanique où M. Obama devait prononcer un discours.

Parfois aussi, ce sont les partisans de son adversaire qui l'attendent. Comme l'été dernier pour une collecte de fonds dans un quartier majoritairement républicain de Tampa, en Floride. Plusieurs résidants avaient planté des panneaux en faveur de Mitt Romney dans leur jardin.

Les manifestations sont nombreuses, mais parfois, le président ne les voit pas. C'est ainsi que des centaines de militants pour l'usage thérapeutique du cannabis se sont retrouvés bloqués par la police devant un cinéma où se tenait une collecte de fonds en juillet dernier à Oakland, en Californie, tandis que M. Obama se trouvait sur le côté, à l'écart de la foule.

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