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Obus syriens en Turquie: Ankara saisit le Conseil de sécurité

03/10/2012 07:48 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST

La Turquie a saisi mercredi le Conseil de sécurité de l'incident frontalier avec la Syrie qui a causé la mort de cinq civils turcs, touchés par des tirs venus du territoire syrien.

Les 15 membres du Conseil devraient publier jeudi matin une déclaration condamnant vigoureusement les tirs syriens et demandant à Damas de respecter le territoire de ses voisins, mais dont les termes font toujours l'objet de consultations, selon des diplomates à l'ONU.

Dans une lettre de son ambassadeur à l'ONU Ertugul Apakan adressée au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et à l'ambassadeur du Guatemala Gert Rosenthal, dont le pays préside le Conseil en octobre, Ankara qualifie l'incident "d'acte d'agression de la Syrie contre la Turquie".

Dans cette lettre, dont l'AFP a obtenu copie, la Turquie demande au Conseil de "prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à de tels actes d'agression et garantir que la Syrie respecte la souveraineté, l'intégrité territoriale et la sécurité de la Turquie".

Selon un projet de déclaration préparée mercredi soir, le Conseil devrait condamner "dans les termes les plus fermes" les tirs syriens contre la Turquie, estimant que "de telles violations des lois internationales constituent une grave menace pour la paix et la sécurité internationales". Les 15 pays membres "exigent que de telles violations cessent immédiatement", indique le projet de texte.

Cette déclaration devait être entérinée mercredi soir par les 15 pays membres selon une procédure dite de silence: le texte est réputé adopté si aucun pays n'objecte jusqu'à une heure limite.

Mais à la dernière minute, la Russie, fidèle alliée du régime syrien, a demandé que le délai soit reporté à jeudi matin 10H00 locales (14H00 GMT) afin que la mission russe à l'ONU puisse consulter Moscou, a expliqué un diplomate. La Russie pourrait entretemps proposer des modifications au texte ou même lancer l'idée d'une enquête internationale sur cet incident, a estimé ce diplomate.

La brusque escalade de la tension entre les deux voisins a débuté mercredi après-midi, lorsque plusieurs obus ont frappé la localité d'Akçakale, située juste en face du poste frontière syrien Tall al-Abyad, récent théâtre de combats entre les troupes fidèles au président syrien Bachar al-Assad et les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL).

Quelques heures plus tard, à l'issue d'une réunion avec ses plus proches conseillers, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé que l'armée turque avait bombardé en représailles plusieurs "cibles", qu'il n'a pas identifiées, situées en territoire syrien.

avz/are

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