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03/10/2012 03:13 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST

Libye: le Premier ministre élu propose un gouvernement sans les Libéraux

Le Premier ministre élu libyen Moustapha Abou Chagour a soumis mercredi au Parlement un projet de gouvernement ne comprenant aucun représentant de la coalition libérale, première force à l'assemblée.

"La liste a été présentée aujourd'hui au Congrès général national" et celui-ci se réunira jeudi pour voter l'investiture de chaque ministre un à un, a indiqué Omar Houmeidan, porte-parole de cette assemblée de 200 membres.

La liste de 29 ministres, dont une seule femme, reprend plusieurs membres du gouvernement de transition sortant d'Abdelrahim al-Kib et est encore susceptible d'être modifiée jusqu'à dimanche par M. Abou Chagour si certains des ministres proposés sont rejetés.

Le nouveau ministre de la Défense pressenti est Abdel Salam al-Obeidi, un général d'état-major de l'armée régulière basé à Benghazi, ancien fief de la rébellion aujourd'hui favorable au démantèlement des milices. Le poste était tenu par un ex-chef rebelle, Ossama al-Jouili.

L'Alliance des forces nationales (AFN), qui réunit plus de 40 petits partis libéraux autour d'architectes de la révolte de 2011 contre le colonel Kadhafi, a pris acte de son absence de cette liste.

L'AFN avait réclamé dans une lettre ouverte parue mardi neuf ministères et l'adoption de son programme par M. Abou Chagour, mais les négociations avec celui-ci ont échoué.

"Bien qu'elle ne participera pas prochain au gouvernement, (l'AFN) soutient le gouvernement de M. Abou Chagour", a toutefois assuré mercredi cette coalition qui détient 39 sièges au Parlement sur les 80 réservés à des partis politiques.

Le secrétaire général de l'Alliance, Faisal al-Krekshi, proposé par M. Abou Chagour au poste de ministre de la Santé, a remis sa démission de ce parti.

M. Abou Chagour a été élu Premier ministre le 12 septembre avec seulement deux voix d'avance sur le chef de l'alliance des libéraux, Mahmoud Jibril.

Le nouveau chef de gouvernement, un technocrate de 61 ans, a notamment eu le soutien du Parti de la justice et de la construction (PJC) issu des Frères musulmans, deuxième force politique à l'assemblée.

Les 120 sièges restants du Congrès général national elu en juillet ont été attribués à des candidats indépendants aux allégeances et convictions encore floues mais qui seront très courtisés par les partis.

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