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03/10/2012 05:10 EDT | Actualisé 02/12/2012 05:12 EST

Le secteur de l'immobilier à Dubaï se remet lentement de la crise

Le secteur de l'immobilier à Dubaï, frappé de plein fouet par la crise financière de 2008, récupère lentement avec des prix repartis à la hausse et de nouveaux projets lancés par quelques promoteurs.

Au salon Cityscape --qui avait, pendant les années du boom immobilier de Dubaï, servi de cadre pour le lancement de projets grandioses--, seule une poignée de promoteurs a présenté cette année des maquettes de projets, sur front de mer ou dans le désert, afin de tester l'appétit du marché.

"Nous assistons à une hausse de la demande depuis le début de l'année", a déclaré Mohamed al-Khayat, directeur commercial de Meydan Group, en révélant de nouveaux projets de son groupe, propriété du souverain de Dubaï cheikh Mohamed Ben Rached Al-Maktoum.

Le projet Hadaeq (Jardins) propose ainsi sur 500 ha, des quartiers similaires à ceux de "la campagne anglaise et française", se vante Meydan dans un communiqué, en annonçant aussi la "Tour Meydan", un complexe de bureaux, commerces, habitations et un hôtel.

Mais ces projets restent au stade de la conception.

Le groupe, qui vient de construire l'hippodrome de "Meydan City", a vendu 40% des lots de villas de cette ville émergeant du désert, en moins d'un an, a indiqué M. Khayat.

"Le marché se redresse. Il y a un grand afflux de touristes, beaucoup de Saoudiens", a-t-il ajouté, précisant que de nombreux visiteurs finissent par prendre une résidence secondaire à Dubaï.

Ce flux de visiteurs pourrait être à l'origine de la récente relance par Meraas -également propriété du souverain- d'un projet d'une cité sur le littoral du Golfe, qui avait été gelé, à l'instar d'autres ambitieux projets annoncés peu avant la crise de 2008.

Les prix de l'immobilier dans l'émirat ont chuté de moitié depuis leur pic, atteint après cinq ans d'une rapide croissance, alimentée par des investissements spéculatifs.

L'Autorité de régulation RERA a, depuis 2009, annulé plus de 200 projets et imposé de nouvelles règles pour contrôler l'offre au moment où le secteur peine à réduire le taux d'inoccupation.

Mais les investisseurs sont de retour, tirant les prix à la hausse.

Des ressortissants fuyant des pays du Printemps arabe, notamment l'Egypte et la Syrie, auraient contribué à cette tendance à la hausse en choisissant de s'installer à Dubaï.

"Nous voyons une reprise. C'est une reprise sélective ou partielle et certainement pas sur l'ensemble du marché", a déclaré Craig Plumb, chef du cabinet Jones Lang LaSalle pour le Moyen-Orient et l'Afrique du nord.

Selon lui, les secteurs des résidences, commerces de détail et hôtels sont en phase de récupération, mais pas celui des bureaux.

Les prix des appartements haut de gamme ont augmenté de 4% et les loyers de 5% au troisième trimestre 2012, par rapport à la même période de 2011, selon le cabinet.

Au troisième trimestre, les prix des lots de villas ont bondi de 23% sur l'année et cette tendance devrait se poursuivre, a-t-il ajouté.

Les prix des villas ont retrouvé leur niveau de 2007, selon la presse.

Les ventes se concentrent sur les unités prêtes, alors qu'avant la crise les promoteurs vendaient leurs projets sur plan, parfois au premier jour de leur lancement.

En septembre, le géant immobilier Emaar a lancé la construction d'un nouvel hôtel de la chaîne The Adress et des appartements résidentiels dans le centre de Dubaï, au pied de Burj Khalifa, la plus haute tour au monde. Les appartements ont été vendus en une journée.

Mais M. Plumb a appelé à la prudence: "Il y a toujours de la place pour de nouveaux projets, mais nous nous inquiétons un peu que les gens s'emballent trop. Il y a encore beaucoup d'offres sur le marché", a-t-il dit.

"Nous espérons qu'ils ne commenceront pas leurs projets jusqu'à ce qu'ils aient environ 60% des pré-ventes", a-t-il ajouté en parlant de projets annoncés au salon Cityscape, ouvert mardi. Il faut "tirer les leçons" du passé.

ak/tm/sw

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