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03/10/2012 09:02 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST

Le "navire pour l'avortement" d'une ONG néerlandaise attendu jeudi au Maroc

Le "navire pour l'avortement" d'une ONG néerlandaise est attendu jeudi dans le nord du Maroc, afin de pratiquer cet acte médical illégal mais répandu dans le royaume, a annoncé mercredi l'initiateur du projet.

"Le navire-avortement arrivera au port de Smir jeudi 4 octobre à 13H00" (13H00 GMT), a expliqué le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali) dans un communiqué transmis à l'AFP. Smir se trouve sur la côte septentrionale du Maroc, en Méditerranée.

C'est la première fois que l'ONG néerlandaise "Women on waves", invitée par l'association marocaine, mène ce type d'action en direction d'un pays musulman, qui plus est dirigé par un gouvernement à majorité islamiste.

L'attitude des autorités à l'égard de cette initiative reste inconnue. Contactées par l'AFP, elles n'avaient pas donné suite mercredi à la mi-journée. Selon le quotidien Le Soir Echos, une source au sein du ministère de la Communication a qualifié cette venue de "non-événement".

La démarche était en tout cas critiquée dans des médias marocains.

"La loi marocaine interdit l'avortement. L'identité religieuse du Maroc fait que c'est interdit (...). Le gouvernement ne peut pas autoriser la venue de ce bateau", a déclaré un avocat, Abdelmalik Zaza, cité par At-Tajdid, le quotidien du parti islamiste au pouvoir, le PJD.

Le président de l'association marocaine de lutte contre l'avortement clandestin (Amlac), Chafik Chraïbi, s'est aussi démarqué.

"C'est provocateur et ça n'est pas dans l'intérêt de la femme. C'est symbolique, mais je ne pense pas que ça soit la bonne approche", a-t-il dit à l'AFP. "La seule manière de faire avancer les choses, c'est par la sensibilisation et le plaidoyer auprès des responsables politiques".

Dans un communiqué diffusé lundi, "Women on waves" avait assuré être en mesure de fournir aux femmes des avortements médicaux légaux jusqu'à 6,5 semaines de grossesse, en vertu du droit néerlandais, en naviguant dans les eaux internationales. Il s'agit d'avortements médicamenteux, sans opérations.

L'avortement est illégal au Maroc mais pratiqué clandestinement par 600 à 800 femmes par jour, selon des estimations.

D'après Rebecca Gomperts, fondatrice de l'ONG, 78 femmes meurent chaque année dans le royaume des suites d'un avortement clandestin. "Seules les femmes qui en ont les moyens bénéficient de la qualité de soins requise", a-t-elle souligné auprès de l'AFP.

Dans son communiqué, le Mali a ajouté qu'un service d'assistance téléphonique avait été mis en service pour fournir "toutes les informations concernant la méthode liée à l'avortement médicamenteux sécuritaire".

"Women on waves", qui espérait rester une semaine à Smir, a mené ces dernières années des actions similaires au large de l'Irlande, de la Pologne, du Portugal et de l'Espagne, provoquant à chaque fois des protestations de groupes opposés à l'avortement.

gk/fc

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