NOUVELLES
03/10/2012 06:19 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST

Le "navire pour l'avortement" attendu au large du Maroc jeudi en journée

Le "navire pour l'avortement" d'une ONG néerlandaise est attendu jeudi au large du nord du Maroc, dans l'optique de pratiquer cet acte médical illégal mais répandu dans le royaume dans de bonnes conditions sanitaires, a indiqué mercredi l'initiateur du projet.

Répondant à une invitation d'une association marocaine, le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali), l'ONG "Women on waves" mène pour la première fois ce type d'action en direction d'un pays musulman, qui plus est dirigé par un gouvernement à majorité islamiste.

L'attitude des autorités à l'égard de cette initiative a d'ailleurs fait l'objet de spéculations depuis le début de la semaine au Maroc.

"Le navire-avortement arrivera au port de Smir jeudi 4 octobre à 13H00" (13H00 GMT), a indiqué le Mali dans un communiqué transmis à l'AFP. Smir se trouve sur la côte septentrionale du Maroc, en Méditerranée, non loin de la ville de Tetouan.

Dans un communiqué diffusé lundi, "Women on waves" avait expliqué "être en mesure de fournir aux femmes des avortements médicaux légaux en vertu du droit néerlandais, en naviguant dans les eaux internationales".

L'avortement est illégal au Maroc mais est pratiqué clandestinement par 600 à 800 femmes par jour, selon des estimations. D'après Rebecca Gomperts, fondatrice de l'ONG, 78 femmes meurent chaque année dans le royaume des suites d'un avortement clandestin.

"Le problème est que, sur ce total de 600 à 800, seules 200 femmes bénéficient de la qualité de soins requise, celles qui en ont les moyens", a-t-elle souligné auprès de l'AFP.

Women on waves espérait pouvoir rester sur place pendant une semaine.

Dans son communiqué, le Mali a pour sa part indiqué qu'une hotline avait été mise en service afin de fournir "toutes les informations concernant la méthode liée à l’avortement médicamenteux sécuritaire".

Women on waves a mené ces dernières années des actions similaires au large de l'Irlande, de la Pologne, du Portugal et de l'Espagne, provoquant à chaque fois des protestations de groupes opposés à l'avortement.

gk/sw

PLUS:afp