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03/10/2012 12:31 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST

La chute du rial provoque des tensions au grand bazar de Téhéran

TÉHÉRAN, Iran - La police iranienne a menacé les commerçants du grand bazar de Téhéran qui ont fermé leurs magasins et a pris des mesures de répression contre le change parallèle mercredi pour tenter de freiner la chute du rial, tombé à son plus bas niveau historique.

La réaction des autorités traduit leur profonde inquiétude, confrontées à l'un des scénarios potentiellement les plus déstabilisants pour le pays. Téhéran impute en grande partie la chute de sa monnaie nationale aux sanctions occidentales visant son programme nucléaire.

Le plongeon du rial et la hausse des prix alimentent un mécontentement croissant des Iraniens, dont beaucoup ne peuvent plus se payer du poulet ou du mouton. La situation a également ravivé les tensions entre le président Mahmoud Ahmadinejad et ses puissants rivaux, qui critiquent sa politique monétaire.

Les bureaux de change et sites Web de devises ont fermé mercredi, après la chute historique du rial à 34 000 pour 1 $ US mardi sur le marché parallèle. Il a perdu plus d'un tiers de sa valeur en moins d'une semaine.

Dans ce contexte de tensions, l'agence de presse semi-officielle Mehr a affirmé dans un premier temps mercredi que le grand bazar de la capitale avait été fermé pour des raisons de sécurité. Elle a ensuite cité le colonel de police Khalili Helali selon lequel le marché n'était pas officiellement fermé mais qui faisait état de mesures prises contre des marchands ayant fermé leur boutique «pour provoquer des troubles» économiques.

Le bazar de Téhéran, plaque tournante du commerce de la capitale iranienne, a joué un rôle central dans l'histoire politique du pays, soutenant la révolution islamique en 1979.

La police anti-émeute patrouillait mercredi dans le centre de Téhéran, où se trouvent les bureaux de change indépendants. Les autorités ne se sont pas exprimées sur des informations selon lesquelles des personnes auraient été arrêtées.

De nombreux économistes et experts accusent l'Iran d'avoir délibérément provoqué une hausse du taux de change du dollar pour combler son déficit budgétaire. Le gouvernement iranien réalise près de 90 pour cent de ses revenus liés à l'exportation grâce à la vente de pétrole. Un taux de dollar plus élevé rapporte donc plus à l'Iran.

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