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03/10/2012 02:15 EDT | Actualisé 03/12/2012 05:12 EST

E. coli: XL Foods a tardé à fournir des informations, affirme l'ACIA

CALGARY - L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a révélé qu'il y avait eu un délai dans l'obtention d'informations sur des viandes possiblement contaminées provenant de l'usine albertaine de XL Foods, dans le cadre d'un important rappel de produits de boeuf.

Lors d'une conférence de presse tenue à Calgary, mercredi, le président de l'ACIA, George Da Pont, a indiqué que des inspecteurs avaient réclamé des informations de l'entreprise fautive le 6 septembre, mais ne les avaient pas reçues immédiatement.

Cela faisait déjà deux jours, à ce moment-là, que la bactérie E. coli avait été découverte par des inspecteurs américains dans une cargaison de boeuf destinée aux États-Unis.

Au dire de M. Da Pont, les inspecteurs canadiens ont fait la même découverte dans les heures qui ont suivi et ont remonté la piste jusqu'à XL Foods.

Il a ajouté que l'ensemble du boeuf destiné au marché américain ne s'était jamais retrouvé sur les tablettes des magasins, et qu'il avait donc été décidé de ne pas procéder au rappel des produits se trouvant déjà en vente.

«Nous savions exactement où se trouvait chaque cargaison de boeuf et elles étaient toutes sous contrôle; nous avons immédiatement lancé une enquête sur la sécurité alimentaire, ce qui est notre procédure habituelle pour nous assurer qu'il n'y a pas d'autres problèmes», a-t-il déclaré.

M. Da Pont a également expliqué qu'une partie de la deuxième production potentiellement contaminée découverte par les inspecteurs canadiens s'était retrouvée dans le réseau de distribution, mais «nous l'avons immédiatement récupérée. Aucun de ces produits n'a atteint les tablettes des marchands».

Un rappel de boeuf haché a finalement été émis le 16 septembre, et son ampleur a crû plusieurs fois pour inclure plus de 1500 produits de boeuf à travers le Canada.

Le ministre fédéral de l'Agriculture, Gerry Ritz, qui a visité mercredi matin l'usine de XL Foods à Brooks, en Alberta, a déclaré que la «première priorité» du gouvernement était d'assurer la sécurité alimentaire des Canadiens.

«Voilà pourquoi l'usine de XL Foods ne se remettra à fonctionner que lorsque le président de l'ACIA m'aura confirmé par écrit que la santé des Canadiens n'est pas menacée», a dit M. Ritz.

La conférence de presse de M. Da Pont a été brusquement interrompue par une adjointe de M. Ritz lorsqu'il a commencé à parler du délai de réponse de XL Foods.

Le président de l'ACIA a fait savoir que l'un des problèmes des lois actuelles était que l'agence a un pouvoir limité pour obliger les entreprises à fournir immédiatement les informations demandées.

Cette lacune sera est corrigée dans une loi qui doit encore être adoptée, a-t-il dit.

De son côté, le ministre québécois de l'Agriculture, François Gendron, a dit ne pas s'inquiéter de la situation au Québec, avant d'assurer que les inspecteurs provinciaux collaboraient avec ceux de l'ACIA.

«C'est une erreur que l'on doit malheureusement dépister. Ce qui me préoccupe, c'est la santé et la sécurité des consommateurs», a-t-il déclaré à Québec.

Une demande de recours collectif a par ailleurs été déposée en cour contre la compagnie albertaine. La poursuite allègue que XL Foods a transformé des produits du boeuf en sachant que ses systèmes de contrôle de qualité étaient mauvais et qu'elle a favorisé les profits plutôt que la sécurité des consommateurs.

Le premier plaignant de cette demande de recours collectif est un homme d'Edmonton tombé malade après avoir mangé un steak contaminé à l'E. coli, le 5 septembre.

Des responsables albertains de la Santé publique ont lié quatre autres cas d'infection à la bactérie survenus dans la province à des steaks transformés par XL Foods.

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