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02/10/2012 03:23 EDT | Actualisé 02/12/2012 05:12 EST

Vers une "guerre de la tomate" entre les Etats-Unis et le Mexique

Des importateurs américains ont exprimé leur inquiétude mardi d'une possible "guerre des tomates" avec le Mexique si l'administration Obama confirmait sa décision publiée mardi d'interdire les importations en provenance de ce pays, après 16 ans de libre-échange.

Les producteurs de Floride (sud-est) ont demandé en juin au département du Commerce de mettre son veto sur les importations de ce fruit en provenance du Mexique, considérant qu'il se vendait à des prix inférieurs à leur coût de production, forme de dumping commercial.

Le département du Commerce a annoncé la semaine passée que sa décision préliminaire donnait raison à ce point de vue, avant de la publier mardi au Journal officiel.

La tomate est le premier fruit exporté par le Mexique vers les Etats-Unis, pour un total d'1,8 milliard de dollars par an. Les Etats-Unis sont eux-mêmes le deuxième producteur mondial de tomates derrière la Chine.

"La Floride ne peut lutter à armes égales à cause des préférences des consommateurs qui privilégient les tomates produites au Mexique", a expliqué John McClung, président de l'Association internationale des producteurs du Texas. "Elle souffre depuis plusieurs années et recherche une protection fédérale pour tenter de stabiliser cette industrie".

"Mais faire passer ce sujet si rapidement devant le département du Commerce est de notre point de vue interessé politiquement", a-t-il ajouté. La Floride, deuxième Etat producteur de tomates aux Etats-Unis, est en effet une région cruciale à satisfaire pour remporter l'élection présidentielle du 6 novembre.

"L'une de nos principales craintes au Texas est que le Mexique a déjà montré qu'il avait les moyens de répondre", a encore dit M. McClung.

Mexique et Etats-Unis, bien qu'ayant tous les deux ratifié le Traité de libre-échange nord-américain (TLCAN), se disputent néanmoins régulièrement sur des questions commerciales.

Après publication au Journal officiel, le gouvernement américain va étudier la situation et lancer des consultations durant une période qui ne peut être inférieure à 40 jours. Il devra rendre sa décision finale dans un délai de 270 jours au maximum.

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