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02/10/2012 11:39 EDT | Actualisé 02/12/2012 05:12 EST

Vatican : l'ancien majordome du pape à la barre

Paolo Gabriele s'est dit innocent de l'accusation d'avoir subtilisé des documents confidentiels, mais il a avoué sa culpabilité face au pape qu'il aime comme un père et qu'il sentait « manipulé ».

L'ancien majordome personnel de Benoît XVI a été interrogé mardi pour la première fois par le président du tribunal du Vatican pour l'affaire du Vatileaks.

Arrêté le 23 mai à son domicile au Vatican, en possession selon les enquêteurs d'une « montagne de documents » confidentiels, M. Gabriele est accusé d'avoir dérobé puis photocopié différents écrits. Ces documents ont exposé au grand jour des querelles intestines, des luttes de pouvoir sans merci, mais aussi des faits de corruption présumés au plus haut niveau du Saint-Siège. Les fuites alimentaient depuis plusieurs mois la presse italienne.

Incarcéré au Vatican puis assigné à résidence depuis le 21 juillet, Paolo Gabriele a reconnu pendant l'instruction avoir transmis les documents volés au journaliste Gianluigi Nuzzi, dont le livre Sa Sainteté, Les documents secrets de Benoît XVI, sorti en mai, a fait grand bruit.

D'après le procureur Nicola Picardi, Paolo Gabriele a expliqué lors d'un interrogatoire, début juin, vouloir dénoncer « le mal et la corruption » au sein de l'Église. Mû selon ses dires par l'Esprit Saint, il se disait « certain qu'un choc, même médiatique, serait salutaire pour ramener l'Église sur le droit chemin ».

Plainte sur ses conditions de détention

Le majordome s'était par ailleurs plaint de ses conditions de détention, ce que la gendarmerie vaticane a démenti mardi. Il disait subir des pressions psychologiques et être emprisonné dans une cellule si petite qu'il ne pouvait étendre les bras.

La gendarmerie a confirmé que la lumière y était allumée 24 heures sur 24, comme s'en plaignait aussi M. Gabriele, mais affirmé que c'était « pour des exigences de sécurité ». Un bandeau pour les yeux lui avait été fourni dès le début de l'incarcération pour lui permettre de dormir, a précisé la gendarmerie.

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