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02/10/2012 01:31 EDT | Actualisé 02/12/2012 05:12 EST

L'opinion publique se cristallise contre la vente de Nexen, selon le NPD

OTTAWA - Le Nouveau Parti démocratique (NPD) soutient que l'opinion publique canadienne se cristallise contre la vente l'entreprise pétrolière Nexen à des intérêts chinois.

Le parti, qui forme l'opposition officielle à la Chambre des Communes, a déposé une motion mardi pour demander au gouvernement Harper de tenir des consultations publiques avant qu'il ne soit trop tard.

Les termes de la transaction sont actuellement scrutées à la loupe par le ministère fédéral de l'Industrie. Cette évaluation de 45 jours, qui doit déterminer si la vente entraînera des bénéfices nets pour le Canada, doit théoriquement prendre fin le 12 octobre. Le gouvernement pourrait toutefois rallonger cette période de 30 jours s'il le juge opportun.

Le porte-parole néo-démocrate en matières de Ressources naturelles, Peter Julian, affirme que son parti a déjà mené ses propres consultations auprès du public et que celui-ci a soulevé des préoccupations quant à la sécurité nationale, à l'environnement et à la protection des emplois.

Les actionnaires de Nexen seraient toutefois plus favorables à la transaction en raison du prix que la chinoise CNOOC est prête à payer pour mettre la main sur l'entreprise, soit 15,1 milliards $.

Soulignant s'être lui-même rendu trois fois à Calgary, où se trouve le siège social de Nexen, Peter Julian s'est dit étonné de voir à quel point les Canadiens se sentent interpellés par la transaction, et ce, même dans sa propre circonscription de Burnaby-New Westminster, en Colombie-Britannique, où les questions gazières et pétrolières soulèvent rarement les passions.

Peter Julian a indiqué que son parti prendrait officiellement position sur la question sous peu, probablement d'ici le 12 octobre. Il a dit craindre de voir se multiplier les tentatives de prise de contrôle par des entreprises étrangères.

«Certains intervenants ont évoqué un raz-de-marée d'acquisitions et de rachats, a-t-il rapporté. Et si nous sommes dans une situation aussi difficile, c'est la faute du gouvernement Harper qui a bâclé le dossier.»

Les sondages tendent à confirmer les inquiétudes soulevées par le NPD, à savoir que l'opinion publique est peu favorable à la transaction. Un coup de sonde réalisé il y a deux semaines par la firme Abacus pour le compte de Sun News laisse entendre que 69 pour cent des répondants croient qu'Ottawa devrait la bloquer. Même quelques députés conservateurs s'y opposent.

Ceux qui soutiennent la transaction font valoir quant à eux qu'un rejet du projet par le gouvernement Harper entraînerait des conséquences considérables pour la stratégie du Canada visant à renforcer ses liens économiques avec la deuxième économie mondiale.

Le premier ministre Stephen Harper a reconnu par le passé que l'opinion publique jouerait un rôle dans la décision de son gouvernement.

Après des années de neutralité, les conservateurs sont intervenus récemment dans deux dossiers majeurs de prise de contrôle par des intérêts étrangers, dont la vente de Potash Corp à une entreprise anglo-australienne.

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