POLITIQUE
02/10/2012 09:02 EDT | Actualisé 02/12/2012 05:12 EST

Le maire Tremblay dans la tourmente médiatique

PC

Les déclarations de Lino Zambito devant la Commission Charbonneau voulant que le parti du maire de Montréal Gérald Tremblay percevait 3 % de la valeur des contrats municipaux accordés par la Ville a créé une véritable onde de choc au pays.

Mardi matin, ces allégations de corruption à la mairie de Montréal étaient à la une de la majorité des grands journaux au pays. Au Québec, le quotidien La Presse tirait : Corruption de haut en bas, tandis que le Journal de Montréal se faisait plus mordant en tirant : Montréal corrompue à l'os.

Le quotidien Le Devoir se demandait quant à lui en une : La mafia a-t-elle fait réélire Tremblay? La Gazette annonçait pour sa part : La ville est impliquée à tous les niveaux.

Dans les pages du Journal de Montréal, Michel Hébert réclame sans détour la démission du maire Tremblay. « Gérald Tremblay est politiquement fini, brûlé. Son parti, Union Montréal, s'est déshonoré », écrit le chef du bureau politique dans un éditorial intitulé : Allez ouste!

Dans La Presse, François Cardinal estime qu'en dépit de son inaptitude à gouverner et les allégations qui pèsent contre lui, « il est prématuré d'exiger sa démission ».

Son collègue, Yves Boisvert, estime quant à lui qu'il est désormais trop tard pour démissionner, car un tel geste de la part du maire Tremblay constituerait un aveu de culpabilité.

Dans Le Devoir, Bernard Descôteaux se montre plus prudent. « Il faut prendre garde à ne pas faire dire à Lino Zambito ce qu'il n'a pas dit. Ce qu'il a dit, c'est qu'il remettait à l'entrepreneur-entremetteur Nicolo Millioto des sommes destinées à Union Montréal. Ont-elles été versées à des représentants de ce parti? On peut le penser, mais la Commission devra l'établir », écrit l'éditorialiste du Devoir dans un article intitulé Les silences du maire.

Les révélations-chocs de Lino Zambito, ex-vice-président de la firme Infrabec, ne sont pas passé inaperçues non plus au Canada anglais où les grands médias dont les quotidiens The National Post, The Globe and Mail et le Toronto Star ont relayé l'histoire à la une.

L'opposition tire à boulets rouges sur le maire Tremblay

Quelques heures après les révélations de Lino Zambito, la chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Louise Harel, a exigé la démission immédiate du maire Gérald Tremblay.

Elle n'a d'ailleurs pas manqué de rappeler en point de presse, lundi que plusieurs collaborateurs du maire, dont son bras droit, Franz Zampino, et Bernard Trépanier, l'ex-responsable du financement d'Union Montréal, font face à des accusations criminelles.

Le chef de projet Montréal, Richard Bergeron, lui a emboîté le pas en réclamant lui aussi le départ du maire.

Gérald Tremblay a pour sa part expliqué en conférence de presse qu'il n'avait aucune intention de démissionner, qu'il avait réclamé lui-même cette commission d'enquête et qu'il allait attendre les conclusions et recommandations de la commissaire France Charbonneau.

3% par contrat au parti maire, selon Zambito

L'ancien entrepreneur Lino Zambito a provoqué une tempête médiatique lundi en révélant à la Commission Charbonneau que les entrepreneurs membres du cartel des égouts à Montréal versaient à partir de 2005-2006, 3 % de la valeur des contrats publics obtenus au parti du maire Gérald Tremblay, Union Montréal.

Lino Zambito avait par ailleurs déjà révélé qu'il versait 2,5 % de la valeur de ses contrats à la mafia. Selon M. Zambito, l'ingénieur Gilles Suprenant, qui était responsable des plans et devis à la Ville de Montréal, recevait pour sa part une prime de 1 % sur chaque contrat de travaux publics accordé par la Ville.

Vito Rizutto comme médiateur

D'autres ingénieurs et professionnels auraient aussi profité du système en encaissant une partie de faux extra réclamés pour les travaux.

Lino Zambito a aussi affirmé que le parrain de la mafia montréalaise, Vito Rizzuto, avait servi d'arbitre dans un litige qui l'opposait à l'entrepreneur,Tony Accurso, sur sa participation à un appel d'offres pour un contrat du ministère des Transports concernant le viaduc l'Acadie.

Tony Accurso a nié ces affirmations dans un communiqué émis lundi soir.