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Koweït: une manifestation d'apatrides dispersée à coups de gaz lacrymogène

02/10/2012 12:18 EDT | Actualisé 02/12/2012 05:12 EST

La police anti-émeutes du Koweït a fait usage mardi de gaz lacrymogène et de fumigènes pour disperser des centaines d'apatrides qui manifestaient pour réclamer leur naturalisation, selon des témoins et des militants.

Les apatrides, ou Bidoun en arabe, ont manifesté sur la place de la Liberté à Jahra, à 50 km à l'ouest de la capitale koweïtienne, pour marquer la journée internationale de lutte contre la violence.

Au moins trois personnes, dont un policier, ont été blessées et 10 apatrides arrêtés par les forces de sécurité qui ont assiégé Taima, une banlieue de Jahra, où vivent des dizaines de milliers de Bidoun, selon des témoins et des militants.

Encouragés par le Printemps arabe, des apatrides du Koweït manifestent régulièrement depuis février 2011 pour faire entendre leurs revendications, en particulier leur droit à la citoyenneté, mais aussi un droit au travail et à la santé.

Le gouvernement du riche émirat pétrolier du Golfe a, dans le passé, fait plusieurs promesses, la plupart non tenues.

Quelque 200 apatrides ont été poursuivis en justice pour rassemblement non autorisé, résistance ou attaque contre la police. Plusieurs d'entre eux ont été acquittés, d'autres attendent une décision de justice.

La nouvelle manifestation est intervenue une semaine après que Refugees International, Human Rights Watch et Amnesty International ont adressé une lettre conjointe à l'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Ahmad, l'appelant à trouver une solution à la situation critique des apatrides.

"Les Bidoun ne sont pas traités de manière égale devant les tribunaux (...), ils sont victimes de violences répétées et de discrimination", soulignait la lettre.

En décembre, le Koweït avait annoncé que 34.000 des 105.000 apatrides qui vivent dans le pays étaient éligibles à la nationalité, accusant les autres de cacher leur véritable nationalité.

oh/tm/fc

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