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Égypte : Amnistie demande la fin de l'impunité de l'armée et de la police

02/10/2012 10:09 EDT | Actualisé 02/12/2012 05:12 EST

Le président égyptien Mohamed Morsi est interpellé par Amnistie internationale, l'une des principales ONG de défense des droits de l'homme, pour mettre un terme à l'impunité de l'armée et de la police.

En présentant deux rapports mettant en cause les deux institutions, Amnistie a estimé que M. Morsi « a une occasion historique de faire face au passé sanglant de la police et de l'armée, et de garantir que personne ne se place au-dessus des lois en Égypte ».

Dans ses deux documents, Amnistie dénonce « les homicides illégaux, le recours excessif à la force, les actes de torture et autres mauvais traitements infligés aux manifestants, tant par les militaires que par les policiers » durant la période de transition, où l'Égypte était dirigée par le Conseil suprême des forces armées (CSFA).

La transition a duré de la chute du président Hosni Moubarak en février 2011 jusqu'à l'entrée en fonction du président Mohamed Morsi en juin 2012.

Durant cette période, au moins 12 000 civils ont été jugés par des tribunaux militaires et 120 manifestants ont été tués dans des affrontements avec les forces de sécurité, selon les défenseurs les droits de l'homme.

Le premier rapport de l'ONG se base sur des enquêtes sur plusieurs manifestations réprimées. « Les tribunaux militaires n'ont fourni aucun recours aux victimes, tandis que les enquêteurs civils n'ont pas souhaité ou pas pu inculper un seul membre des forces de l'ordre pour les crimes commis », écrivent les rédacteurs du rapport.

Le second rapport met en relief « l'impunité totale » dont jouissent les forces de police égyptiennes.

Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe d'Amnistie pour le Moyen-Orient, a indiqué que son organisation avait envoyé un rapport détaillé à Mohamed Morsi à la fin juin en l'exhortant, entre autres choses, à réformer la police et les institutions liées à la sécurité.

Elle a ajouté qu'Amnistie souhaitait coopérer avec les nouvelles autorités sur cette question.

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