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Robert Abdallah et Frank Zampino réfutent les propos de Lino Zambito (TWITTER)

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ROBERT ABDALLAH
Agence QMI

Mis en cause par Lino Zambito, l'ancien directeur général de la Ville de Montréal, Robert Abdallah, ainsi que l'ex-président du Comité exécutif de la Ville, Frank Zampino, démentent tous deux les propos que le témoin a tenus mardi devant la commission Charbonneau.

En matinée, l'ancien entrepreneur en construction a affirmé que M. Abdallah était intervenu dans un contrat obtenu par Infrabec en 2005, dans l'est de Montréal, et que 300 000 $ lui auraient été remis. « C'est le montant que les gens de TREMCA, [Éric] Caron, [devaient] remettre à M. Abdallah pour que le projet soit octroyé par la Ville de Montréal », a déclaré M. Zambito.

Au cours d'un bref entretien avec Radio-Canada, M. Abdallah a catégoriquement nié les affirmations de Lino Zambito, les qualifiant de « ouï-dire ». « Jamais je n'ai donné d'ordre quelconque à ce sujet », soutient-il au sujet de l'attribution du contrat. Il ajoute qu'il n'a pas rencontré Éric Caron.

Ce sont des rumeurs, ajoute M. Abdallah, qui refuse pour l'instant d'accorder une entrevue à la caméra. « Ça me met en furie d'entendre ça, ce matin. » Il met au défi quiconque aurait des preuves de les lui présenter. « C'est impossible, parce que c'est faux », affirme-t-il.

Robert Abdallah se dit outré de voir qu'un témoin puisse faire de telles allégations sans présenter de preuves.

L'ancien directeur général de la Ville de Montréal a bien l'intention de contre-attaquer. Lorsqu'il a été contacté par Radio-Canada, il se dirigeait vers le bureau de ses avocats pour obtenir des conseils à ce sujet. Il n'écarte pas la possibilité de témoigner devant la commission ou de tenir une conférence de presse pour donner sa version des faits.

Zampino se défend

Lui aussi montré du doigt par Lino Zambito, Frank Zampino a contredit l'entrepreneur. Ce dernier l'a incriminé pour l'attribution, en 2005, d'un contrat « arrangé » et obtenu par Simard-Beaudry. « L'information qui véhiculait [sic] chez les entrepreneurs c'est que la commande politique venait directement de M. Zampino », a-t-il dit.

« M. Zambito dit pas mal beaucoup de choses depuis une semaine, alors je n'ai réellement aucun commentaire à faire là-dessus autre que de vous dire que je n'ai passé aucune commande politique », a assuré M. Zampino au cours d'un bref entretien téléphonique avec Radio-Canada. Ce n'est pas comme ça que les octrois de contrats fonctionnent à la Ville de Montréal. »

« S'il y a d'autres [commentaires à faire], ce sera par mes avocats », a ajouté l'ancien bras droit du maire Gérald Tremblay.

Deux parcours parsemés de controverses

Frank Zampino a été arrêté par l'escouade Marteau en mai dernier en lien avec l'affaire du Faubourg Contrecoeur, un terrain de l'est de la métropole que la Société d'habitation de Montréal a vendu à Construction Frank Catania et Associés en 2007. Il a été accusé de fraude, complot et abus de confiance.

M. Zampino avait quitté son poste de président du comité exécutif en juillet 2008. Il est devenu peu après vice-président principal et chef de la direction financière de la firme de génie Dessau, un poste dont il a cependant démissionné en avril 2009 dans la foulée de la controverse entourant l'octroi d'un contrat des compteurs d'eau par la Ville de Montréal, le plus important contrat jamais alloué par l'administration Tremblay.

Quelques jours auparavant, M. Zampino avait admis avoir séjourné à deux reprises sur le yacht de Tony Accurso, dont une fois en janvier 2007, au moment où l'entreprise de ce dernier était engagée dans l'appel d'offres pour l'installation des compteurs d'eau à Montréal. Le contrat de 356 millions de dollars avait été remporté par le consortium GENIeau, qui regroupait notamment la firme Simard-Beaudry, liée à Tony Accurso, et Dessau, une autre entreprise de GÉNIeau.

M. Zampino s'était défendu d'être intervenu dans le processus d'octroi du contrat des compteurs d'eau à un consortium comptant une entreprise qui l'avait ultérieurement embauché.

Quant à Robert Abdallah, dont le règne à la Ville a été marqué par des relations tendues avec les cols bleus, il a démissionné de ses fonctions en mai 2006, après les voir occupées pendant trois ans. Les motifs de sa démission n'avaient pas été précisés.

De 2008 à 2011, il a dirigé l'entreprise Gastier, une filiale de Simard-Beaudry, liée à Tony Accurso.

En avril 2011, une enquête conjointe de Radio-Canada et du Globe and Mail révélait qu'une partie de bras de fer s'était jouée, en 2007, afin que M. Abdallah soit nommé PDG du Port de Montréal.

Cette affaire d'ingérence politique et de jeux de coulisses aurait impliqué le bureau du premier ministre canadien, Stephen Harper, la Ville de Montréal ainsi que Tony Accurso et Bernard Poulin, président du groupe de génie-conseil SM. Le conseil d'administration du Port de Montréal avait cependant porté son choix sur un autre candidat. Les principaux intéressés avaient nié avoir mis de la pression en faveur de sa nomination.

Avec les informations de Davide Gentile et Benoît Chapdelaine

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