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01/10/2012 12:16 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

Violents combats entre soldats et rebelles aux abords des souks d'Alep (AFP)

De violents combats entre rebelles et soldats avaient repris lundi soir aux abords des souks d'Alep, joyau historique de deuxième ville de Syrie, a constaté un correspondant de l'AFP.

Après de vifs affrontements dans la matinée puis une période d'accalmie dans l'après-midi, les combats ont repris avec plus d'intensité en début de soirée.

Les affrontements à l'arme automatique opposent les insurgés retranchés dans une partie des souks face à la citadelle, et des soldats positionnés à l'extérieur, près de la place mosquée des Omeyyades, et dans les quartiers historiques d'Aqaba, d'al-Awamid, selon cette source.

Une source militaire a affirmé à l'AFP que les rebelles "tentaient de prendre d'assaut la mosquée des Omeyyades", la deuxième tentative ces derniers jours.

Cette mosquée se situe entre les souks, où sont retranchés les insurgés, et la place Sabeh Bahrat, où se situe la plupart des bâtiments gouvernementaux. Une première tentative de prendre d'assaut la mosquée avait été repoussée vendredi selon la même source.

Le chef de brigade rebelle al-Tawid, Abdel Kader Saleh, la plus puissante à Alep, a affirmé à l'AFP que "l'armée a transformé la mosquée des Omeyyades en caserne".

Classés au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, ces souks, autrefois attraction touristique majeure dans la ville, étaient déserts depuis que des échoppes ont été détruites par les flammes samedi.

Il est impossible d'évaluer pour le moment les dégâts en raison des combats d'une violence inédite qui se poursuivent depuis quelques jours.

Selon ses marchands, il n'y a pas de présence de l'armée à l'intérieur des souks mais uniquement des rebelles. Les soldats tirent à partir de barrages positionnés à l'extérieur des souks, comme dans les quartiers historiques d'Aqaba, d'al-Awamid ou encore près de la mosquée des Omeyyades.

"Le plus grand problème, c'est qu'on ne sait rien de nos échoppes, tout ce qu'on sait, on l'apprend par le bouche à oreille", se lamente un marchand de ficelles qui estime sa marchandise à des millions de livres syriennes.

Cinq de la quarantaine des marchés du souk, comme le souk des femmes, celui de l'or ou encore celui des abayas, ont été entièrement détruits samedi à la suite combats, selon des témoins sur place.

Régime et rebelles se sont accusé mutuellement d'être à l'origine des dégâts.

"Les terroristes armés ont provoqué un incendie pour empêcher la progression de l'armée syrienne et pour cacher leurs actes de vandalisme et de vols dans le souk," a affirmé à l'AFP le gouverneur d'Alep, Wahed Akkad.

"L'armée syrienne mène avec précision ses opérations militaires dans toutes les parties du Vieil Alep", a poursuivi M. Akkad. "Nous connaissons la valeur de notre civilisation (dans la vieille ville). Les terroriste, eux, ne connaissent ni civilisation ni Histoire".

De son côté, le chef de la brigade al-Tawid a accusé les troupes gouvernementales d'avoir "utilisé des balles incendiaires". "L'armée syrienne a incendié les souks pour nous empêcher d'arriver à la mosquée des Omeyyades, pour nous forcer à reculer", a-t-il assuré.

Une vidéo postée sur YouTube a montré, selon des militants, des rebelles en train d'éteindre l'incendie qui s'est déclaré dans le souk à l'aide d'un tuyau d'arrosage.

Les violences ont fait 18 morts à Alep lundi, et 82 au total (52 civils, 23 soldats et sept rebelles) dans tout le pays, selon l'OSDH.

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