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01/10/2012 08:00 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

Violences contre la communauté bouddhiste au Bangladesh: 166 interpellations

MERUNGLUA (Sipa) — Au moins 166 personnes ont été arrêtées au Bangladesh, après des violences entre musulmans et bouddhistes. Des centaines de Bouddhistes ont regagné lundi sous haute protection leur habitation, dans les villages du sud du Bangladesh, après avoir fui les violences du week-end avec la communauté musulmane.

Plusieurs milliers de musulmans ont incendié dix temples bouddhistes et 40 habitations à Ramu, dans le sud-est du Bangladesh. Les émeutiers ont accusé un jeune garçon de confession bouddhiste d'avoir diffusé sur Facebook une photo d'un Coran brûlé, a déclaré dimanche un responsable de la police, Nojibul Islam.

Le ministre de l'Intérieur, Mohiuddin Khan Alamgir a précisé lundi aux journalistes à Dacca que les autorités avaient arrêtés 166 personnes impliquées dans ces attaques, dans les provinces voisines de Cox's Bazar et Chittagong.

Des militaires, des gardes-frontières paramilitaires et la police ont été déployés. Le gouvernement a également interdit tout rassemblement dans la zone où ont éclaté les émeutes, à la frontière avec la Birmanie, dans le sud du pays, a précisé le lieutenant-colonel Jaed Hossain, un militaire qui a coordonné l'installation de tentes pour accueillir les Bouddhistes déplacés.

Un millier de familles bouddhistes ont été déplacées et des habitations et des commerces, appartenant à des familles bouddhistes, incendiés. Au moins 20 personnes ont été blessées dans les violences, qui ont débuté samedi soir et se sont poursuivies tôt dimanche matin, a précisé Nojibul Islam, un responsable de la police de Cox's Bazar.

"Ils regagnent maintenant leur habitation. Et nous leur apportons toute notre protection", a précisé le lieutenant-colonel à Merunglua, un village de la province côtière de Cox's Bazar.

Beaucoup d'habitants du quartier de Merunglua ont tout perdu. "J'étais dans mon magasin. Et ils ont fait irruptuion et ont mis le feu à mon magasin", a expliqué à l'Associated Press, Prodip Barua, un gérant d'épicerie. "Je suis parti en courant, je suis allé chercher mes deux enfants et ma femme et nous avons quitté la zone", a-t-il ajouté.

Prodip Barua savait que son magasin serait réduit en cendres. Mais à son retour lundi, il a aussi constaté que son habitation aussi avait été incendiée. "Comment vais-je survivre, maintenant ? Comment vais-je pouvoir envoyer mes enfants à l'école?", sanglote-t-il. "J'ai tout perdu".

Le gouvernement a promis d'aider les victimes à la reconstruction de leur habitation.

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