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Statistique Canada révise ses données, mais le portrait d'ensemble reste le même

01/10/2012 03:33 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

OTTAWA - L'économie canadienne est plus forte qu'on l'avait d'abord cru, mais pas au point où cela pourrait avoir une influence significative sur les décisions politiques.

C'est là la principale conclusion d'un projet de révision de deux ans entrepris par Statistique Canada pour mettre davantage d'emphase sur le fonctionnement de l'économie et aligner la présentation des données économiques avec de nouvelles normes internationales mises de l'avant en 2008.

L'impact le plus immédiat de cette révision se traduit par une hausse de la croissance économique canadienne pour le deuxième trimestre, laquelle grimpe d'un dixième de point à 1,9 pour cent. La croissance du quatrième trimestre de 2011 avance pour sa part de trois dixièmes de point à 2,2 pour cent.

L'économie a aussi été plus vigoureuse sur l'ensemble de 2011, ainsi qu'en 2007 et en 2008, a précisé l'agence gouvernementale, mais sa croissance a été révisée à la baisse pour 1999. L'économie canadienne a en outre culbuté plus brusquement que d'abord rapporté au début de la grande récession de 2008-2009.

Au final, le taux de croissance annuel de l'économie canadienne pour les 30 dernières années s'est avéré supérieur de 0,14 point de pourcentage à ce qui avait été d'abord annoncé, a précisé Statistique Canada.

Conséquences marginales

Les économistes s'intéressaient lundi aux importantes révisions opérées par l'agence, mais leur première impression laissait croire que même si beaucoup de choses ont changé — notamment de nouvelles définitions pour les catégories et la création de nouveaux sous-groupes d'indicateurs — l'effet reste, dans l'ensemble, plutôt marginal.

«C'est un gros effort qui vise à rendre les chiffres et les concepts plus comparables à l'international, mais je crois que cela a de faibles implications pour les débats sur les politiques», a estimé Derek Holt, vice-président des études économiques chez Scotia Capitaux.

Selon l'économiste en chef de la Banque CIBC, Avery Shenfeld, l'écart de production de l'économie canadienne — une mesure clé surveillée de près par la Banque du Canada pour déterminer si l'économie roule à pleine capacité — aurait pu s'être refermé en raison de la révision à la hausse de 2011. Les nouvelles données parlent maintenant d'une croissance de 2,6 pour cent pour l'année dernière, et non de 2,4 pour cent, tel qu'initialement annoncé.

Cela place l'économie 4,1 pour cent au-dessus de son niveau pré-récession, a-t-il poursuivi.

Mais en fin de compte, le recours à un modèle économique ne montre aucun «changement visible» à l'écart de production, a indiqué M. Shenfeld, ce qui signifie que l'économie performe toujours en deçà de son potentiel.

«Le taux de chômage se situe toujours aujourd'hui à 7,3 pour cent, un niveau qu'il serait difficile d'afficher en même temps qu'une absence d'écart de production», a-t-il ajouté. «Compte tenu de tout cela, nous ne nous attendons pas à ce que la nouvelle mesure améliorée du produit intérieur brut n'ait de conséquence sur la politique monétaire.»

Plongeon plus marqué en 2008-09

La révision du produit intérieur brut annuel de 2008 a été une des plus importantes. L'agence affirme maintenant que l'économie a crû de 1,1 pour cent cette année-là, soit quatre dixièmes de point de plus que d'abord rapporté.

En outre, la valeur nominale de l'économie, incluant l'inflation, a grimpé de 36,4 milliards $ — soit 2,4 pour cent — par rapport à sa mesure précédente.

Mais si l'économie était plus forte au début de la grande récession de 2008-2009, elle a aussi plongé plus rapidement une fois que les problèmes se sont présentés. Les nouveaux calculs font état d'une contraction de 1,1 pour cent au quatrième trimestre de 2008 et de 2,2 pour cent pour les trois premiers mois de 2009 — soit 0,2 point de pourcentage de plus dans les deux cas.

Mais tous ces détails se perdent en fin de compte, puisque la contraction de 2,8 pour cent d'abord annoncée pour l'ensemble de 2009 est confirmée par les nouveaux calculs de l'agence.

«Dans l'ensemble, malgré certaines révisions intéressantes (...) il n'y a pas grand-chose qui change pour ce qui est de l'impression générale de la performance économique canadienne», a résumé l'économiste Jimmy Jean, de Desjardins Marchés des capitaux.

Le Canada est l'un des premiers pays à s'attaquer aux nouvelles normes comptables entourant ces données. Les États-Unis devraient lui emboîter le pas l'an prochain et l'Europe en 2014.

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