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01/10/2012 10:59 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

Russie: le procès en appel des Pussy Riot reporté au 10 octobre

MOSCOW - MOSCOU (Sipa) — Le procès en appel des Pussy Riot à Moscou a été reporté au 10 octobre dès l'ouverture lundi, l'un des membres du groupe ayant récusé ses avocats. Les trois jeunes femmes qui avaient chanté une "prière" anti-Poutine dans la principale cathédrale orthodoxe de Moscou ont été condamnées à deux ans de camp pénitentiaire en août dernier pour "hooliganisme motivé par la haine de la religion".

Ekaterina Samoutsevitch a annoncé à l'ouverture de l'audience qu'elle avait renvoyé ses trois avocats pour cause de désaccord. Elle en avait trouvé un nouveau mais n'a pas pu signer un contrat avec lui. Les procureurs ont dénoncé ce qu'ils considèrent comme une manoeuvre dilatoire.

Le 21 février, cinq membres des Pussy Riot en collants et robe courte, affublés de cagoules de couleurs vives, avaient dansé et chanté dans la cathédrale du Christ Saint-Sauveur à Moscou, criant notamment "Marie mère de Dieu, chasse Poutine!".

Trois d'entre elles -Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Maria Alekhina, 24 ans, et Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans- ont été arrêtées en mars. L'avocate personnelle de Mme Samoutsevitch, Me Violetta Volkova, a déclaré ignorer la raison de la décision de sa cliente mais respecter son droit de choisir.

L'Eglise orthodoxe russe a déclaré dimanche que les chanteuses punk méritaient la clémence si elles acceptaient de se repentir pour leur numéro. Auparavant, le Premier ministre russe Dimitri Medvedev a jugé dans un communiqué que le maintien en prison des chanteuses serait "improductif".

Ces appels à la clémence reflètent la volonté du gouvernement et de l'Eglise de mettre un terme à cette affaire, qui a soulevé une vague d'indignation dans le monde. La sentence est devenue le symbole de la répression de l'opposition dans la Russie de Vladimir Poutine et des liens de plus en plus étroits entre le gouvernement et l'église orthodoxe. Les trois jeunes femmes ont d'ailleurs déclaré lors de leur procès qu'elles protestaient contre le soutien de l'église orthodoxe à Vladimir Poutine, sans vouloir offenser les croyants.

Mais le mari de Nadejda Tolokonnikova, Piotr Verzilov, a émis des doutes sur l'issue de l'appel. "Nous n'avons jamais espéré de l'Etat russe. Désormais, tout ce que nous faisons, c'est organiser une campagne publique et attirer l'attention sur le cas des filles", a-t-il déclaré à l'agence Associated Press, en anglais. Il a estimé que Samoutsevitch avait simplement changé d'avis sur ses avocats.

L'un des avocats de la défense, Me Nikolaï Polozov, a pour sa part affirmé que les autorités avaient proféré des menaces et exercé des pressions psychologiques sur le groupe. "Ils ont menacé de leur prendre leurs enfants. Ils essaient de trouver un point faible. Ils essaient de les diviser", a-t-il dit. D'autres membres de l'équipe de soutien du groupe ont démenti l'existence de pressions sur Samoutsevitch. Seules Tolokonnikova et Alekhina possèdent de jeunes enfants.

Des dizaines de partisans des Pussy Riot ont manifesté leur solidarité avec le groupe en chantant ses chansons à l'extérieur du tribunal. Cinq personnes ont été arrêtées pour avoir refusé de se disperser, selon RosUznik, une organisation de défense juridique.

Plus nombreux encore étaient les anti-Pussy Riot, des personnes âgées pour la plupart qui brandissaient des icônes en chantant des hymnes, en priant et en marchant en procession autour du tribunal de Khamonivki. D'autres brandissaient des poupées gonflables affublées de cagoules.

Des personnalités comme Madonna, Björk ou Paul McCartney ont pour leur part exprimé leur soutien aux Pussy Riot, dont deux membres recherchées par la police ont fui la Russie, selon le groupe.

Vladimir Poutine a retrouvé la présidence en mai après l'avoir exercée de 2000 à 2008 et un intermède de quatre ans en tant que Premier ministre de Dimitri Medvedev pour cause de limite constitutionnelle à deux mandats présidentiels consécutifs.

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