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01/10/2012 04:07 EDT | Actualisé 30/11/2012 05:12 EST

Rebelles sur le front syrien, à chacun son histoire

L'Armée syrienne libre (ASL) est un ensemble hétéroclite de déserteurs et de civils ayant pris les armes face à la répression sanglante de la contestation anti-régime.

La révolution qui bouleverse la Syrie a aussi chamboulé la vie d'Adnane. A 25 ans, ce jeune alépin a dû faire un choix difficile: en choisissant de rejoindre la rébellion, il a perdu sa fiancée.

"Ma belle-famille est pro-régime, ils ont rompu l'acte de mariage que nous avions signé depuis sept mois", raconte-t-il, les yeux dans le vague.

"J'ai essayé de lui parler au début, mais maintenant j'ai pris les armes, je fais partie de l'Armée syrienne libre et si elle veut revenir vers moi, ce n'est plus possible", affirme-t-il.

Aujourd'hui, il monte au combat avec les rebelles. De l'autre côté de la ligne de front, son ancienne fiancée emménage avec sa famille, car ils ont préféré rejoindre les quartiers tenus par les troupes du régime.

Abou Sofiane a déserté pour rejoindre l'insurrection. Il combat sur le front de Seif al-Dawla. Avec ses camarades, il se sert d'engins artisanaux "made in Syria" pour aller les jeter sur les soldats du "tyran". "Où sont la Turquie, le Qatar, l'Arabie saoudite quand on a besoin d'armes?", s'emporte-t-il.

Sous sa coiffure impeccable, raie au milieu et barbe taillée, il se révèle un véritable leader au milieu de ses compagnons d'arme. Au moment de quitter la base pour aller au front, il traverse le groupe pour passer devant. Et ce n'est que quand il commence à avancer, que les autres s'élancent.

A l'entrée de la vieille ville, Hayham porte un treillis militaire sur lequel il a cousu une sourate du Coran brodée au niveau de la poitrine. A 18 ans, il a pris les armes avec ses deux frères pour faire le "jihad" contre "l'humiliation".

"On n'a jamais vu un président faire ça à son peuple", s'insurge-t-il en expliquant souhaiter "voir la victoire et ensuite retourner à la vie normale".

Sa vie normale, c'est sa petite échoppe et la maison de ses parents.

A un check-point des insurgés, Abou Smaïl, grand brun au port altier, s'excuse quand on l'interroge: "Je suis un bédouin, je ne sais pas parler aux journalistes", dit-il.

Pourtant, ce fermier de 32 ans portant une barbe bien taillée, est l'un des rares à parler concrètement de l'après-Assad.

"Après la chute du régime, il va falloir organiser des élections libres et garantir à tous les citoyens syriens la liberté d'expression et la liberté politique", explique ce père de famille qui n'a pas vu ses proches restés dans sa région de Raqqa, dans le nord-est de la Syrie, depuis deux mois.

bur/sbh/sw

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