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01/10/2012 01:53 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

Prêt-à-porter parisien: le retour de Léonard, Yudashkin au masculin/féminin, les courbes "plexi" d'Arzuaga

PARIS - PARIS (Sipa) — La 6e journée des présentations des collections du printemps/été prochain a entre autres été marquée lundi par le retour de Léonard dans la lumière, suivie d'un jeu de "mix/match" chez le Russe Yadushkin et par une redéfinition de la courbe version "plexi" chez l'Espagnole Amaya Arzuaga.

Chez Léonard, en dépit de la gageure, Borriello, un ancien de Gucci, Rykiel et Saint Laurent, met dans le mille. Il faut dire qu'il a des atouts. "Il existe un point commun entre la mode que je dessine et la femme Léonard qui a confiance en elle-même et n'a peur ni des fleurs ni des imprimés", explique en coulisse le styliste italien à Sipa.

Après un long travail de recherches dans les archives maison, il a "trouvé des merveilles, quasiment des oeuvres d'art parmi les dessins, notamment dans la période des années 70". Un travail de fourmi "qui peut faire peur vu la quantité et la qualité des archives", glisse-t-il.

C'est le cas du "bambou print" un dessin original de 1973 aux longues feuilles effilées qui est au coeur de cette première collection, imprimés sur les éternels jerseys. D'autres dessins (fantasia, florida, cancan) reprennent leur place sur les robes manteau, les robes courtes et les combi-pantalons, la plupart des modèles étant rallongés par le jeu des épaulettes en pagode et parfois couverts d'un invisible voile de paillettes translucides.

Jouant à fond la carte des orchidées maison, Borriello les propose en des bichromies inédites: noires sur fond fuchsia ou noires sur bouton d'or. D'autres teintes rafraîchissantes complètent cette douce palette estivale adoucie: vert menthe, absinthe, beurre frais, corail ou mauve.

L'apport du vernis noir et de la soie laquée nuance cette ambiance fleurie d'une touche branchée comme sur une veste ou un manteau de cuir découpé. La touche sexy revient à quelques pièces balnéaires, dont des bodies imprimés en mikado de jersey noir qui feront bonne figure au cours des "pool parties" dont raffolent les clientes, de Kay West aux plages privées de Dubaï.

Connu tel le loup blanc dans le monde naissant de la mode russe, Valentin Yudashkin, 49 ans et distingué sur ses terres par l'Académie des Arts de la Fédération de Russie n'est pas un petit nouveau à Paris, où il tente un retour en prêt-à-porter depuis trois saisons déjà.

Si sa bonne volonté est manifeste, elle ne peut masquer un handicap régulièrement rencontré chez les créateurs des pays de l'Est ou du Moyen-Orient dont le point commun est de trop vouloir bien faire.

D'où quelques fausses notes. Il en va ainsi de couvre-chefs XXL qui tombent mal-à-propos et cassent l'ensemble ou encore d'un body stretch empaqueté tel une papillote de Noël. Si la ribambelle de clientes et acheteuses russes du premier rang lâchent des "ôoh!" d'admiration, en face, la fine fleur des bloggueuses de mode françaises font la grimace.

Au-delà du hiatus culturel, Yudashkin fait néanmoins une vraie proposition bâtie sur le concept du "mix/match". Un masculin/féminin servi par une nerveuse silhouette en sablier. Des blazers croisés à boutons dorés et des vestes d'homme à l'épaule accusée font bon ménage avec des jupes de soie floue. A l'inverse, de courtes vestes de femme en popeline hyper cintrées vont de pair avec des pantalons d'homme à la taille évasée.

Des imprimés originaux montés en savantes juxtapositions de couleurs et de volumes inspirés par l'artiste polonais Piotr Uklanski sont au centre de la palette ou éclatent aussi le rouge coquelicot, le jaune soleil ou le bleu électrique. Quant aux quelques maillots, leur échancrure a fait frémir. Portés sans rien d'autres que des Ray-Ban clinquantes à souhait, ils feront fureur sur la Riviera géorgienne...

Après avoir accueilli ses invités dans les salons de l'ambassade d'Espagne avec un verre de ribera del duero, un cuvée à son étiquette et que produit son père en Castille, la créatrice Amaya Arzuaga s'est attachée à redéfinir les cercles et les courbes.

Paradoxalement, le résultat est aussi pointu qu'il est précis. Sur des coupes architecturales, de longues robes et blouses en double crêpe de soie, en coton, en fine maille de soie ou en viscose, voient leurs rectilignes adoucies par des inserts de matière plastique souple et transparente.

Neutres ou teintées, ces pièces ornent les bustes ou les épaules ou s'affichent en d'élégantes virgules et parenthèses sur l'abdomen ou sur les hanches. A l'extrême, des sur-vestes en forme d'exo-squelettes encapsulent l'intégralité d'une silhouette et entravent curieusement le mouvement.

La créatrice mise également sur la dualité: celle des couleurs qu'elle fait se chevaucher en d'intenses dégradés, du vert tendre ou bleu électrique au noir et au blanc. Une palette qu'elle dit avoir emprunté à l'artiste anglais Gary Hume et qui ne sont pas sans évoquer les audaces d'antan d'un Courrèges ou d'un Cardin...

xrao/mw

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