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01/10/2012 05:03 EDT | Actualisé 30/11/2012 05:12 EST

Peines de prison confirmées en cassation pour des médecins à Bahreïn

La Cour de cassation de Bahreïn a confirmé lundi des peines de prison de un mois à 5 ans pour neuf médecins et membres du personnel médical d'un hôpital de Manama, jugés pour leur soutien au mouvement de contestation chiite de l'an dernier.

Dans un communiqué, le vice-procureur général, Abderrahman al-Sayyed, a annoncé que la Cour de cassation avait confirmé le verdict rendu à la mi-juin en appel, précisant qu'un membre du groupe avait été condamné à cinq ans, un deuxième à trois ans, deux à un an chacun et un autre à six mois de prison.

La Cour de cassation a aussi confirmé la peine de deux mois de prison contre un prévenu et d'un mois pour chacun des trois autres membres du groupe, a-t-il ajouté.

Le procès en première instance de 15 médecins et 5 membres du personnel médical de l'hôpital de Salmaniya, le plus grand de Manama, qui ont affirmé avoir été torturés en détention, a été critiqué par les défenseurs des droits de l'Homme.

Le 14 juin, neuf d'entre eux ont été condamnés en appel à des peines de un mois à cinq ans de prison, et neuf autres, dont des femmes, ont été acquittés. Deux personnes, également condamnées en septembre à 15 ans de prison chacun, n'ont pas été rejugées car elles sont en fuite.

Par ailleurs, le procès de deux officiers de police, un homme et une femme, accusés d'avoir torturé certains des médecins jugés, s'est ouvert lundi devant un tribunal de Manama, ont indiqué leurs avocats.

En l'absence des deux prévenus, le tribunal a décidé de tenir sa prochaine audience le 18 octobre.

Ces deux officiers font partie de 7 policiers inculpés le 17 septembre de torture et de mauvais traitements. Cinq de ces policiers seront jugés séparément.

Jeudi, un policier a été condamné à 7 ans de prison pour le meurtre d'un manifestant lors des protestations anti-gouvernementales de 2011.

Une policière avait été poursuivie pour avoir frappé la journaliste Naziha Saïd, de la chaîne France 24 alors qu'elle couvrait les manifestations. La journaliste avait été convoquée en mai 2011 par la police qui l'a interrogée sur ses liens avec la télévision Al-Manar du Hezbollah chiite libanais. Le tribunal s'était déclaré incompétent le 6 juin et avait renvoyé l'affaire devant le procureur général.

Le jugement des policiers font partie de ce que les autorités affirment être la mise en application les recommandations d'une commission d'enquête indépendante qui avait conclu à un "usage excessif" de la force de la part de la police pendant ces protestations et demandé un meilleur respect des droits de l'Homme.

Bahreïn est secoué depuis l'an dernier par un mouvement de contestation, animé par des chiites qui réclament une monarchie constitutionnelle dans ce petit royaume du Golfe à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite.

Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), 80 personnes ont trouvé la mort depuis le début de la révolte.

Le ministère bahreïni de l'Intérieur a affirmé pour sa part que 700 personnes avaient été blessées, parmi lesquelles des officiers de police.

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