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01/10/2012 08:59 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

Ouellet, le revenant

Quand on zieute la liste des joueurs présents au camp des Bulldogs de Hamilton, les années de naissance varient essentiellement entre 1989 et 1992.

Un texte de Guillaume Lefrançois

De temps à autre, d'obscurs noms tels que Kyle Rank (1982) ou Kyle Hagel (1985) font leur apparition. Puis, celui de Michel Ouellet, né en 1982, mais pas inconnu à l'amateur de hockey moyen.

C'est ce même Ouellet qui avait connu des saisons de 48 et de 36 points entre 2006 et 2008, à Pittsburgh et à Tampa Bay, avant de disparaitre complètement des écrans radars. L'attaquant tente maintenant sa chance avec le club-école de l'équipe qu'il idolâtrait dans sa jeunesse depuis son Rimouski natal.

Un retour dans la LNH qui passe par le Centre Bell? Ouellet salive, mais garde les deux pieds sur terre. Après tout, il patine cette semaine à Sherbrooke avec un simple contrat d'essai, une entente ficellée il y a à peine une semaine par son agent, Paul Corbeil.

« C'est dur de regarder loin comme ça, mentionne-t-il au bout du fil. Je me concentre sur l'équipe. Oui, c'est un de mes grands souhaits de revenir dans la LNH. Mais je prends ça un jour à la fois. »

Encore faudra-t-il que le lock-out se règle pour qu'il puisse rêver à la LNH.

« Le lock-out va amener beaucoup de jeunes, il y aura plusieurs décisions difficiles pour l'organisation. De mon côté, j'apporte de l'expérience et du leadership. Si je peux amener plus, tant mieux. »

Et la présence de Michel Therrien derrière le banc dans tout ça? Après tout, c'est sous Therrien, chez les Penguins, que Ouellet a atteint des sommets personnels de 19 buts et 48 points en 2006-2007.

Encore là, Ouellet est d'un réalisme brutal.

« Si j'ai la chance de jouer pour lui, tant mieux. Si je me rends là », lance-t-il, avant d'assurer qu'il n'a pas tiré l'oreille de son ancien entraîneur pour obtenir cet essai.

Globe-trotter

Depuis ses relatifs succès offensifs de Pittsburgh et Tampa, Ouellet a passé la campagne 2008-2009 dans l'organisation des Canucks, mais n'a disputé que trois rencontres dans la grande ligue. Une blessure à une épaule subie en mars, quand il portait les couleurs du Moose du Manitoba, a mis fin à sa saison et l'a même empêché de tenter sa chance dans les camps préparatoires de la LNH en septembre. Forcé de s'exiler en Europe pendant deux ans, il est finalement revenu en Amérique du Nord en 2011-2012, avec les Admirals de Norfolk, où il a vécu des moments mémorables : la conquête de la Coupe Calder, et surtout, une séquence record de 29 victoires de suite, et 43 victoires en 46 matchs.

« C'était la première fois que je vivais une telle séquence. Quand tu gagnes comme ça, on dirait que l'humeur change. Tu es relax, sans trop l'être. Tu te présentes à l'aréna et tu sais que ça va aller de ton bord. »

L'autre revenant

Ouellet n'est pas le seul à revenir de loin parmi les « vieillards » du camp des Bulldogs.

À 25 ans, Brendon Nash tente lui aussi sa chance, après avoir si brièvement goûté à la Ligue nationale en 2010-2011. Cette saison-là, le défenseur avait été rappelé par le Tricolore, le temps de deux matchs.

Nash n'a jamais même été repêché. Engagé à titre de joueur autonome en 2010, après son passage de quatre saisons à l'Université Cornell, il a déjoué les pronostics avec cette simple expérience.

Mais une déchirure à un muscle pectoral subie à l'entraînement il y a un an a tout bousillé.

« Mentalement, c'était dur, reconnaît Nash. Je n'ai pu rien faire avant Noël. C'était une période difficile. Mais tu ne veux pas te morfondre trop longtemps, sinon tu ne peux pas aller de l'avant. Tu dois penser à devenir plus fort maintenant pour être meilleur à l'avenir. »

Comme Ouellet, Nash souhaite bien sûr un retour dans la grande ligue. Mais dans une équipe où l'avenir à la ligne bleue passe par des choix de premier tour comme Nathan Beaulieu et Jarred Tinordi, sans oublier Greg Pateryn, fraîchement sorti des rangs universitaires, son avenir a déjà été plus radieux.

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