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01/10/2012 03:39 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

Même en pleine expansion, Simons ne sent pas le besoin d'aller en Bourse

MONTRÉAL - Même si elle se trouve dans une phase d'expansion importante, la Maison Simons ne sent toujours pas le besoin d'aller en Bourse, a expliqué lundi le grand patron du détaillant de Québec, Peter Simons.

L'entreprise ouvrira le 17 octobre un nouveau magasin à Edmonton, en Alberta — un investissement de plus de 30 millions $. Ce sera le premier Simons à l'extérieur du Québec.

Dans un discours prononcé à la tribune du Cercle canadien de Montréal, M. Simons a vanté les mérites des compagnies à capital fermé comme la sienne. Selon lui, les économies d'échelle jouent un rôle moins important qu'auparavant dans le commerce de détail, de sorte que les avantages d'être un gros joueur sont devenus moins nombreux.

Il y a aussi une motivation plus fondamentale: le respect des valeurs traditionnelles. Aux yeux de l'homme de 48 ans, il est plus facile pour une entreprise familiale de résister à l'«égoïsme économique à court terme».

Peter Simons et son frère Richard sont les seuls actionnaires du détaillant fondé en 1840. Chaque mois, des gens d'affaires les contactent pour leur offrir d'investir à leurs côtés. Jusqu'ici, ils n'ont pas cru bon d'accepter leurs propositions, mais la situation pourrait changer un jour, a précisé le dirigeant. Après tout, Simons s'est déjà associé à des partenaires externes pour ouvrir des magasins. Le plus célèbre a été l'épicier Sam Steinberg.

Le blocage des Américains

Simons espère que le magasin d'Edmonton sera le premier d'une longue série au Canada anglais. Un obstacle de taille se dresse toutefois: l'opposition de plusieurs grands détaillants, surtout américains, qui ne veulent pas voir débarquer un nouveau concurrent dans les marchés où ils sont actuellement dominants.

Les baux interdisent généralement aux centres commerciaux d'ajouter un locataire de prestige sans obtenir l'assentiment des grands magasins déjà présents.

Des négociations sont tout de même en cours entre Simons et des partenaires potentiels, notamment à Toronto et dans la région d'Ottawa-Gatineau. Certains gestionnaires de centres commerciaux attendent de voir le succès que remportera le magasin d'Edmonton avant de faire le saut.

Après Edmonton, le prochain magasin Simons doit ouvrir ses portes en août 2013 aux Galeries d'Anjou, dans l'est de l'île de Montréal. Ce sera le neuvième de la chaîne.

Peter Simons ne craint pas outre mesure l'arrivée au Canada de Target, au début de l'an prochain, mais promet de se montrer vigilant. Il reconnaît que dans certaines catégories de produits, le géant américain sera un concurrent plus direct pour Simons que pouvait l'être Zellers.

Chez Simons comme partout ailleurs, le nombre de vêtements fabriqués au Canada a fondu comme neige au soleil au cours des dernières années. Peter Simons reconnaît que le déclin du secteur manufacturier a causé une «dislocation» dans les économies occidentales, mais il y voit aussi du bon.

D'abord, a-t-il noté, certains emplois manufacturiers ont été remplacés par des postes en design de mode et en logistique, qui sont mieux rémunérés. Ensuite, il estime que le déplacement des activités de fabrication dans les pays en développement a permis à certains habitants de ces pays d'améliorer leur qualité de vie.

«On offre la possibilité de sortir de la pauvreté des centaines de millions de personnes», a soutenu M. Simons.

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