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Les Géorgiens se prononcent sur le sort du gouvernement pro-occidental de Saakachvili

01/10/2012 08:27 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

TBILISI, Georgia - TBILISSI (Sipa) — Les électeurs géorgiens étaient appelés aux urnes lundi pour des élections législatives qui décideront du sort du gouvernement pro-occidental du président Mikhaïl Saakachvili. Ce dernier affronte une opposition sans précédent dirigée par le milliardaire Bidzina Ivanichvili, plus proche de la Russie.

Les bureaux de vote fermaient à 20h à Tbilissi (16H00 GMT, 18h à Paris) et les premiers résultats sont attendus mardi. Les deux camps ont promis de respecter le verdict des urnes s'il est validé par les observateurs internationaux, bien que l'opposition accuse le pouvoir de vouloir se livrer à des fraudes.

Environ un million des 3,6 millions d'électeurs inscrits vivent dans la capitale, bastion de l'opposition. La commission électorale a fait état d'une participation de plus de 25% dans les quatre premières heures de vote.

Si le Mouvement national uni (ENM) de Mikhaïl Saakachvili, qui détient actuellement près de 80% des sièges au Parlement (119 sur 150), est dépassé par la coalition très large du Rêve géorgien, ce sera la première fois de l'histoire post-soviétique (1991) de la Géorgie que le gouvernement du pays change, non par une révolution mais par des élections.

Au pouvoir depuis la Révolution des roses de novembre 2003, Mikhaïl Saakachvili a rapproché son pays des Etats-Unis et s'est efforcé de le mettre sur la voie de l'adhésion à l'Union européenne ainsi qu'à l'OTAN. Bidzina Ivanichvili, qui a bâti sa fortune en Russie, a promis de poursuivre ces objectifs stratégiques tout en restaurant les liens rompus avec Moscou à la suite de la guerre de l'été 2008.

Le président géorgien accuse son adversaire de vouloir soumettre la Géorgie à la domination du Kremlin. Il a souligné la portée du scrutin lundi, après avoir voté à Tbilissi avec son épouse néerlandaise et leur plus jeune fils. "Beaucoup de choses sont en train de se décider dans notre pays, pour la région, pour le développement, pour l'avenir, et pas seulement pour notre nation mais aussi pour l'avenir du rêve européen", a-t-il estimé. "Ce qui arrive à l'idée de démocratie dans cette partie du monde, ce qui arrive à l'idée de réforme dans ce coin de la planète" se décide dans les urnes, a-t-il lancé.

Mais l'opposition se défend de tout asservissement aux Russes et accuse Mikhaïl Saakachvili d'autoritarisme. "Cela ne fait aucun doute: Saakachvili et son équipe doivent partir", a jugé Mamouka Gigienichvili, une physicienne de 55 ans qui votait dans la capitale. "On en a assez de lui, il agit comme un tsar. (Son parti) qualifie de traîtres tous ceux qui ont une opinion différente Comme s'ils étaient les seuls à pouvoir conduire le pays dans la bonne direction".

De son côté, Veriko Berichvili, 49 ans, a estimé que le président Saakachvili avait accompli d'importantes réformes en Géorgie depuis son arrivée au pouvoir début 2004. Cette dirigeante d'une petite entreprise a cité notamment le démantèlement des services de police corrompus et la création d'une force moderne. Ce programme, largement apprécié, a été mené par Vano Merabichvili, nommé Premier ministre en juin et longtemps ministre de l'Intérieur.

"Je pense que nous devrions permettre à cette équipe d'aller au bout de ses promesses: l'amélioration de la situation agricole, le chômage et l'assurance maladie universelle", insiste Veriko Berichvili.

Ces élections législatives vont entraîner d'importants changements politiques, car elles confèrent des pouvoirs plus larges au Parlement et au Premier ministre. A la fin du second et dernier mandat du président Saakachvili l'année prochaine, le parti qui obtiendra la majorité au Parlement, aura le droit de nommer le Premier ministre. Ce dernier détiendra de ce fait davantage de pouvoirs que le président.

Selon un sondage réalisé en août par l'Institut démocratique national, basé aux Etats-Unis, le Mouvement national uni du président récolterait 37% des suffrages, contre 12% pour le Rêve géorgien. Mais M. Ivanichvili affirme que le vent a tourné en sa faveur ces dernières semaines, notamment depuis la diffusion d'une vidéo montrant des exactions en prison.

Le milliardaire dit avoir rompu ses liens avec le président géorgien quand celui-ci a réprimé des manifestations de l'opposition en 2007, renforcé son contrôle sur les médias et s'est engagé dans une guerre désastreuse avec la Russie en 2008.

ljg-cc-st/AP-v236

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