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01/10/2012 02:56 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

Le maire de Montréal le dos au mur, son parti accusé de liens avec la mafia

Les appels à la démission du maire de Montréal se multipliaient lundi après les révélations explosives faites par un ancien entrepreneur en bâtiment qui a accusé le parti de l'édile de participer à un système mafieux d'appels d'offres.

Interrogé par une commission d'enquête consacrée à la corruption au Québec, Lino Zambito a expliqué que, comme tous les autres chefs d'entreprises voulant décrocher des contrats publics de voirie, il devait verser une dîme à Union Montréal, la formation politique de Gérald Tremblay, au pouvoir depuis 2002.

Ceci s'effectuait via un autre entrepreneur en bâtiment, Nicolo Milioto. Selon plusieurs témoignages, ce dernier agissait aussi comme intermédiaire entre la mafia italienne et l'industrie de la construction.

"À partir de 2005-2006, il y a un montant de 3% des contrats que moi je remettais à M. Milioto et j'avais connaissance que ce montant-là allait au parti politique du maire Tremblay", a affirmé M. Zambito à la juge France Charbonneau.

Dans un précédent témoignage, il avait indiqué que la mafia prélevait quant à elle 2,5% du montant des contrats.

La métropole québécoise vibre depuis quatre ans au rythme des reportages et témoignages dénonçant l'existence d'un cartel d'entrepreneurs, pour la plupart d'origine italienne, régnant sur l'industrie du bâtiment, moyennant le versement de pots-de-vin à des responsables politiques et syndicaux, ainsi que d'une commission à la mafia.

Des enquêtes ont déjà été ouvertes mais face à l'apparente ampleur du système mafieux, une Commission spéciale a été instituée par le gouvernement provincial.

La Commission Charbonneau, du nom de la juge France Charbonneau qui la dirige, a ainsi débuté ses travaux en mai et doit durer jusqu'en octobre 2013.

Le témoignage de M. Zambito a déclenché l'ire de l'opposition municipale qui a exigé la démission du maire Tremblay, dont le mandat court jusqu'en novembre 2013.

"Le temps de l'innocence est révolu, le temps de la démission de Gérald Tremblay est arrivé", a tonné Louise Harel, chef de l'opposition municipale.

Autre adversaire de premier plan de M. Tremblay, Richard Bergeron a estimé que les déclarations de M. Zambito venaient valider "ce qu'on savait déjà depuis longtemps".

"La boucle est bouclée entre financements politiques, entrepreneurs en construction et la mafia", a-t-il souligné, appelant le maire à "démissionner immédiatement".

Mais l'édile, qui a martelé jusqu'à présent n'avoir jamais été informé de fraudes présumées dans son administration, a refusé de commenter les accusations de M. Zambito, disant vouloir attendre les conclusions de la Commission.

Il a toutefois remarqué qu'à propos du financement de sa formation politique, "chaque année, le directeur général des élections vérifie nos états financiers et n'a jamais porté de plaintes de quelque nature que ce soit".

"Je n'ai pas l'intention et je ne veux pas me cacher, je ne veux pas vous donner l'impression que j'ai quoi que ce soit à me reprocher, ma conscience est en paix!", a lancé à la presse M. Tremblay.

"Je n'ai pas l'intention de démissionner, au contraire", a assuré le maire de la métropole québécoise.

sab/jl/jca

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