POLITIQUE
01/10/2012 10:08 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

John Baird prend la parole à l'Assemblée générale de l'ONU

AP

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird, a appelé lundi les Nations unies à se concentrer davantage sur les problèmes de l'humanité que sur la réforme de ses règles de fonctionnement.

C'est en substance ce qu'a réclamé le ministre des Affaires étrangères du Canada au début de son discours à la 67e Assemblée générale des Nations unies, qui se déroule depuis la semaine dernière à New York.

Selon John Baird, qui parlait au nom du Canada, les Nations unies doivent s'attarder davantage à la réalisation d'objectifs concrets comme la prospérité, la sécurité et la dignité humaine, plutôt que de s'enliser dans des questions de procédures sur la réforme de ses modes de fonctionnement.

Les préoccupations au sujet des règles et des modes de fonctionnement doivent faire place à la poursuite d'actions importantes et à l'atteinte de résultats, a plaidé John Baird.

Rappelant à l'Assemblée que le Canada fut parmi les premiers pays signataires de la Charte des Nations unies et qu'il est le septième contributeur en importance au budget de l'ONU, John Baird a déclaré : « Nous ne pouvons et ne voulons pas participer à une introspection sans fin et inutile. »

Plaidoyer pour la sécurité et l'action

Poursuivant sur sa lancée, John Baird a exhorté les pays membres à poursuivre les efforts entrepris pour « promouvoir la sécurité de l'humanité ».

« La poursuite de la sécurité est indissociable de la poursuite du bien-être. La sécurité constitue, après tout, un élément essentiel du bien-être des gens. (...) Il ne suffit pas pour une société d'assurer sa propre sécurité. En tant que membre de la communauté des nations, la sécurité mondiale nous concerne tous », a déclaré le chef de la diplomatie canadienne.

Syrie

Évoquant la guerre civile qui ravage la Syrie depuis des mois maintenant, John Baird a rappelé aux États membres le rôle que doivent jouer les Nations unies face à une telle crise.

« La crise en Syrie est l'occasion de mettre à l'épreuve la capacité de cette organisation à obtenir des résultats. Alors que le régime brutal et répressif de Bachar Al-Assad continue de massacrer son propre peuple, les Nations unies ne sont pas parvenues à imposer des sanctions contraignantes qui permettraient d'endiguer la marée sanglante provoquée par ces exactions », a déploré John Baird.

« Bien des gens sur cette planète, y compris un grand nombre de citoyens que nous représentons, ne peuvent comprendre pourquoi cette organisation - malgré le bruit et la fureur des débats dans cette grande assemblée - ne parvient pas à prendre des mesures concrètes. Mais quel est donc notre rôle », a demandé le ministre Baird, qui a exhorté les dirigeants syriens à mettre en sécurité leurs stocks d'armes chimiques et bactériologiques.

Iran

En ce qui a trait à la question du développement possible d'armes nucléaires par l'Iran, John Baird a estimé qu'il s'agit actuellement de la plus importante menace à la paix et la sécurité mondiale.

Le ministre des Affaires étrangères, qui a récemment rompu toutes les relations diplomatiques avec l'Iran, a expliqué qu'en dépit de sa tradition d'ouverture le Canada ne peut collaborer avec le régime qui refuse de se conformer aux résolutions du Conseil de sécurité, menace régulièrement l'existence d'Israël et apporte son aide à des groupes terroristes.

« Il est impossible d'avoir un dialogue franc avec un régime qui manque à sa parole, revient sur ses engagements et menace de perpétrer des crimes contre l'humanité », a poursuivi John Baird.

Les travaux de l'Assemblée générale se sont amorcés la semaine dernière avec les discours remarqués de plusieurs chefs d'État, dont celui du président américain, Barack Obama.

Une absence remarquée

Le fait que le Canada a délégué son ministre des Affaires étrangères plutôt que son premier ministre a relégué son intervention à la deuxième semaine des travaux, la première étant réservée aux chefs d'État et de gouvernement.

L'absence du premier ministre Stephen Harper à l'Assemblée générale de l'ONU avait été remarquée et vivement critiquée la semaine dernière par l'opposition à la Chambre des communes.

L'opposition reproche à Stephen Harper de bouder l'ONU, en raison du rejet de la candidature du Canada, en 2010, pour l'obtention d'un siège temporaire au Conseil de sécurité.