DIVERTISSEMENT
01/10/2012 02:03 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

Fred Pellerin présente son nouveau spectacle, «De peigne et de misère» (VIDÉO)

Laurence Labat

À compter du 16 octobre prochain, Fred Pellerin reprendra les routes de la province pour faire découvrir aux Québécois un nouveau pan des légendes de son village natal, Saint-Élie-de-Caxton. Dans De peigne et de misère, le conteur s'attardera au personnage de Méo, le coiffeur de la petite municipalité, que défend le comédien René-Richard Cyr dans le volet cinématographique de l'univers de Pellerin (Babine, sorti en 2008, et Ésimésac, qui sera à l'affiche fin novembre).

«En allant jouer dans la tête de tout le monde, Méo recevait les confidences de chacun», a raconté le créateur, toujours volubile, en entrevue téléphonique. «Quand on va chez le coiffeur, on s'assoit, on s'ouvre le cœur et on se laisse aller. Ça lui donnait donc un rôle intéressant au centre des tensions, des équilibres et des déséquilibres du village.»

Dans cette cinquième incursion sur les planches, l'auteur au verbe coloré abordera des thèmes importants, chers à son cœur, avec tout le lyrisme et la poésie dont lui seul sait faire preuve.

«On découvrira Méo, son histoire d'amour, sa quête de la vérité... Il sera aussi question de notre rapport avec le temps. On s'approchera tranquillement d'un drame à l'échelle de l'humanité. Étrangement, ce drame-là reposera sur le village de Saint-Élie-de-Caxton qui, lui, reposera sur les épaules de Méo. Il y aura une belle grande finale qui portera sur l'espoir. Je voulais travailler sur "l'affaire collective", sur le rapport qu'on a avec les gens. Parfois, on pense que l'on connaît la solitude mais, même dans la solitude, on est tenus de construire, de collaborer et d'interagir avec les autres.»

Être fier

Ceux qui sont familiers avec les histoires de Fred Pellerin retrouveront par ailleurs, dans De peigne et de misère, les figures devenues quasi mythiques qui leur ont donné vie au fil des ans, comme Toussaint Brodeur, Babine, la belle Lurette, le forgeron Riopel...

«Le vrai Méo est mort en 1993», a lancé le principal intéressé, afin de situer ses récits dans le temps. «Celui qui est le plus près de nous, Babine, nous a quittés en 2001. Pour être une légende, il faut être mort. Dans ma tête, tu ne peux pas être "legendé" de ton vivant. Je ne pourrais pas faire un spectacle sur quelqu'un qui vit encore, car je n'aurais pas la distance qui permet de "personnagifier" la personne, de la "grandifier"...».

Fred Pellerin précisera en outre qu'il fait toujours entériner ses écrits par les descendants de ses protagonistes qui, eux, sont encore bien en vie. La première de De peigne et de misère a ainsi eu lieu à Shawinigan, le 21 septembre dernier, devant les résidents de Saint-Élie-de-Caxton.

«Moralement, je veux qu'ils soient fiers de ce que je fais de leurs parents, a expliqué l'ambassadeur de l'endroit. Parce que je "distortionne" un peu, je "ramanche" à mon goût... C'est important pour moi de faire approuver ces choses-là.»

Pour connaître toutes les dates de la tournée québécoise de De peigne et de misère, laquelle s'amorcera au Théâtre Outremont et à la Place des Arts (le spectacle sera aussi présenté en Europe en juin prochain), on consulte le www.fredpellerin.com. Les représentations de l'automne 2012 affichent déjà toutes complet, mais on peut se procurer des billets pour l'an prochain.