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France - Hand: les joueurs vont reconnaître avoir parié mais pas triché

01/10/2012 02:48 EDT | Actualisé 30/11/2012 05:12 EST

Les joueurs de handball français, dont la star Nikola Karabatic, interpellés dimanche pour des soupçons de match truqué sur fond de paris sportifs, vont "très probablement" reconnaître avoir parié, mais pas triché, selon l'avocat de l'un d'entre d'eux.

Selon l'avocat Jean-Yves Lienard, qui défend Michaël Robin, un des joueurs interpellés, ceux-ci vont "très probablement" reconnaître avoir parié sur le match suspect, ce qui leur est interdit, tout en réfutant toute tricherie.

"Leur déontologie sportive leur interdit de faire des paris. Ils l'ont fait, ils ont eu tort et s'en expliqueront", a-t-il affirmé, précisant toutefois qu'ils n'ont "en aucun cas laissé filer le match".

Au total, 17 personnes ont été interpellées par les policiers, à Paris et Montpellier, dont la star du hand français, Nikola Karabatic, champion olympique pour la deuxième fois avec l'équipe de France aux Jeux de Londres cet été. Karabatic est l'un des sept joueurs de Montpellier, club-référence du handball français depuis 15 ans, à avoir été interpellés dans cette affaire, selon une source policière.

De même source, les autres joueurs que la police entend questionner sont Luka Karabatic (frère cadet de Nikola), le Slovène Vid Kavticnik, et deux joueurs portant désormais les couleurs du Paris-SG mais qui jouaient jusqu'à la saison passée à Montpellier. Il ne peut s'agir que du champion olympique Samuel Honrubia et de l'international serbe Mladen Bojinovic.

Les personnes interpellées sont toujours entendues dans le cadre d'une commission rogatoire d'un juge d'instruction de Montpellier (sud) pour corruption active et passive, escroquerie et recel d'escroquerie aux dépens de la Française des Jeux (FDJ) suite au montant anormalement élevé de paris passés à l'occasion du match du Championnat de France perdu par Montpellier, déjà titré, à Cesson-Sévigné le 12 mai.

Selon Me Lienard, en cas de simple délit sportif, les joueurs risqueraient six matches de suspension et 15.000 euros d'amende. Le président de Montpellier, Rémy Lévy, a lui menacé de sanctions pouvant aller jusqu'au licenciement.

En revanche, en cas de match truqué, le délit pénal de "fraude et corruption sportive" est passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.

Les gardes à vue pourraient "être prolongées", a affirmé Me Franck Nicolleau, avocat de deux autres joueurs, Dragan Gajic et Primoz Prost.

A l'issue de leur audition, les personnes interpellées pourront être relâchées sans poursuite ou éventuellement présentées à un juge pour une possible mise en examen.

Me Lienard a par ailleurs précisé que les personnes interpellées à Paris vont être transférées "mardi à Montpellier", à l'exception de la compagne d'un joueur qui, auditionnée dès dimanche matin, devrait quant à elle être transférée "lundi en fin de journée".

Les joueurs ont été interpellés dimanche après-midi peu après la fin du match entre le PSG et Montpellier, mais dont le résultat (38-24) a été relégué au second plan, tant l'affaire des paris a choqué le monde du handball et l'opinion publique.

Les autres interpellés sont des personnes de l'entourage des joueurs, dont deux compagnes, ainsi que des personnes en charge de la distribution de la FDJ.

Le procureur de la République de Montpellier doit tenir une conférence de presse lundi en milieu d'après-midi.

Les paris litigieux portaient sur le résultat du match Montpellier - Cesson-Sévigné à la mi-temps, pour lequel ont été engagés des paris anormaux dans le temps, sur le montant et sur le type de paris. Quelque 80.000 euros de paris ont été pris en quelques heures sur le résultat à la pause de la rencontre.

Les gains des parieurs sont estimés à près de 200.000 euros.

D'ordinaire, pour un match de handball tous paris confondus, un maximum de 5000 euros sont misés, dont 80% sur la victoire et les 20% restants sur l'équipe en tête à la mi-temps et sur le score définitif.

Le club doit rejouer en Championnat de France mercredi à Toulouse.

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