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01/10/2012 12:49 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

Damas accuse les Etats-Unis et la France de soutenir le terrorisme en Syrie

Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a accusé lundi les Etats-Unis, la France et la Turquie "d'encourager et de soutenir le terrorisme en Syrie".

Devant l'Assemblée générale de l'ONU, M. Mouallem s'est interrogé sur "les déclarations du Qatar, de l'Arabie saoudite, de la Turquie, des Etats-Unis, de la France qui encouragent et soutiennent clairement le terrorisme en Syrie en (lui) fournissant de l'argent, des armes et des combattants étrangers".

Le gouvernement syrien considère les opposants armés à son régime comme des "terroristes". M. Mouallem a fait notamment référence à l'attentat du 26 septembre contre le siège de l'état-major syrien à Damas.

Evoquant la médiation de Lakhdar Brahimi, il a souligné que "la réussite de tout effort international (pour régler la crise syrienne) requiert, en plus de l'engagement du gouvernement syrien, d'obtenir des Etats qui soutiennent les groupes armés (en Syrie), en particulier la Turquie, l'Arabie saoudite, le Qatar, la Libye et d'autres, de cesser d'armer, financer, entraîner et accueillir des groupes terroristes". Ces pays devraient au contraire "promouvoir le dialogue et renoncer à la violence".

Plus largement, M. Mouallem a appelé "tous les pays représentés dans l'Assemblée générale à faire pression pour mettre fin à la violence en obtenant que cessent l'armement, le financement ou l'entraînement des groupes terroristes".

Il a par ailleurs appelé "l'opposition nationale à travailler ensemble pour mettre fin à l'effusion de sang et à s'assoir à la table du dialogue" avec le gouvernement syrien, soulignant que Damas "continue de croire en une solution politique".

Ce "dialogue national" permettra de définir "la voie à suivre pour mettre en place une Syrie davantage pluraliste et démocratique", a-t-il précisé.

Le ministre syrien a aussi critiqué les sanctions internationales contre Damas, faisant valoir qu'elles "nuisent aux conditions de vie des citoyens syriens". "Comment peut-on imposer des sanctions contre les banques, le système de santé ou les transports et prétendre qu'on a à coeur l'intérêt des Syriens?", a-t-il lancé à la tribune de l'Assemblée.

Pour M. Mouallem, "l'insistance des Etats-Unis et des pays de l'Union européenne à adopter des sanctions unilatérales contrevient aux lois internationales et à la liberté du commerce". Dans ce contexte, il a appelé à la levée de l'embargo américain contre Cuba.

Son homologue cubain Bruno Rodriguez Parrilla avait auparavant apporté son soutien à Damas en affirmant que Washington et ses alliés européens menaient une "agression militaire" pour renverser le régime de Bachar al-Assad.

"Les Etats-Unis et certains gouvernements européens", a-t-il affirmé dans son discours devant l'Assemblée, "ont décidé de renverser le gouvernement syrien, et pour cela, ils ont armé, financé et entraîné des groupes d'opposition, allant jusqu'à utiliser des mercenaires".

En recevant dans la matinée M. Mouallem avant son discours, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait appelé le régime syrien "à montrer de la compassion pour son propre peuple".

Selon son porte-parole Martin Nesirky, M. Ban a condamné "dans les termes les plus fermes" devant M. Mouallem la poursuite des violences et des violations des droits de l'Homme en Syrie ainsi que les bombardements "commis par le gouvernement".

M. Ban a "noté qu'une baisse de la violence pourrait préparer le gouvernement (syrien) à un processus politique". Il a exprimé sa "profonde frustration devant le fait qu'après 19 mois de répression et de combats la situation continuait de s'aggraver".

MM. Ban et Mouallem ont aussi évoqué "la crise humanitaire grandissante en Syrie (qui) déborde de manière alarmante sur les pays voisins", a ajouté le porte-parole.

avz/bdx

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