Spectacle-bénéfice au Métropolis : Sébastien Ricard choqué de l'absence des Loco Locass

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Alors que se tiendra lundi, au Métropolis, le spectacle-bénéfice en hommage au technicien Denis Blanchette, décédé lors de l'attentat perpétré le soir des élections provinciales, Sébastien Ricard, alias Batlam du trio Loco Locass, ne comprend absolument pas pourquoi ses camarades Biz, Chafik et lui-même n'ont pas été invités à prendre part à la fête.

À peine débarqué au Québec après un voyage en Inde, le comédien et chanteur, rencontré quelques heures avant le coup d'envoi de la prestation réunissant notamment Céline Dion, Arcade Fire, Ben Harper, Patrick Watson, Cœur de pirate et Vincent Vallières, venait tout juste d'apprendre qu'un concert spécial se tenait en mémoire des tristes événements du 4 septembre. Prudent dans ses propos, l'artiste n'a néanmoins pas hésité à décrier la décision des organisateurs de ne pas inclure Loco Locass, l'un des groupes les plus engagés de la province, dans le programme de la soirée.

« Je trouve que c'est totalement insensé, a-t-il martelé. Ça représente bien, je trouve, la situation dans laquelle on est. Ce qui me frappe, de cet événement du soir du 4 septembre, c'est à quel point ç'a vite été mis sous le boisseau. Je n'ai pas vérifié, je n'ai pas encore parlé à mes deux autres potes mais, si on n'a absolument pas été considérés, ça me sidère. Ça me choque un peu. »

« Je ne comprends pas, a poursuivi le rappeur. Ont-ils peur qu'on vienne jeter de l'huile sur le feu ? Si c'est le cas, c'est donc qu'il y a un feu. Et, s'il y a un feu, il faudrait peut-être qu'on en parle ! Ça me semble davantage être une démonstration de l'harmonie montréalaise qui, somme toute, a été mise à mal ce soir-là. Et c'est un événement qui a été systématiquement qualifié d'acte isolé d'un malade mental, alors que tout l'aspect politique a été évacué d'emblée. »

Le verdict des urnes le laisse perplexe

Sébastien Ricard ne s'en cache pas : il est encore un peu perplexe des résultats des dernières élections provinciales, qui ont porté au pouvoir un gouvernement péquiste minoritaire, avec une forte opposition libérale de 50 sièges.

« Je suis justement en train d'écrire un truc là-dessus pour une publication de la CSN, a-t-il précisé. À côté de ce qu'on a vécu au printemps, je trouve que la suite est très désarçonnante. Ce qu'on a fait du printemps, la manière dont cette crise s'est résolue, je trouve que c'est tellement petit à côté de ce qui s'est produit... C'est comme si l'élan social n'avait pas trouvé à se canaliser dans une force politique. Je dirais que j'ai un certain désarroi, en ce moment, que j'essaie de comprendre en écrivant sur le sujet. »

Or, malgré ces réflexions, l'amoureux du Québec se dit profondément heureux que les troupes de Pauline Marois aient triomphé le 4 septembre dernier.

« Je suis extrêmement réjoui que les libéraux ne soient plus là. Le soir même, seulement en ouvrant ma radio, je sentais dans le ton qu'on n'était plus dans le même monde, d'une certaine manière. C'était un ton plus courtois. On sent désormais que les gens qui parlent s'intéressent davantage au bien commun, comme on le dit souvent. Ça, ça me fait vraiment plaisir », a conclu Sébastien Ricard.

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