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01/10/2012 09:04 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

Canada: l'entreprise de BTP SNC-Lavalin soupçonnée de corruption (presse)

Le géant de l'ingénierie canadien SNC-Lavalin aurait versé 22 millions de dollars pour obtenir un très important contrat de construction d'un centre hospitalier à Montréal, a rapporté lundi le quotidien La Presse.

Au printemps dernier le PDG du groupe Pierre Duhaime avait démissionné dans une atmosphère de soupçons concernant les activités de SNC-Lavalin en Libye, du temps du colonel Kadhafi et après avoir donné le feu vert à des "versements injustifiés" de quelque 56 millions de dollars, dont les destinataires, des "agents commerciaux", n'ont pas été identifiés avec précision.

Les médias canadiens ont cru qu'il s'agissait de favoriser des projets en Afrique.

Mais, selon La Presse, qui s'appuie notamment sur les résultats d'une enquête interne indépendante lancée par le groupe, une partie de cette somme, 22 millions de dollars, aurait été versée en vertu d'un contrat signé avec une société qui "semble fictive", pour obtenir le contrat du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), pesant 1,3 milliard de dollars.

Les fonds sont partis de la filiale tunisienne de SNC-Lavalin. Ils ont ensuite transité par des "coquilles" situées "dans plusieurs territoires" où la surveillance de telles opérations est moins sévère, selon le rapport des experts embauchés par le groupe.

La publication de l'article de La Presse a coïncidé avec la prise de fonction du nouveau patron de SNC-Lavalin, l'Américain Robert Card, ancien haut responsable du groupe de génie-conseil CH2M Hill et ex-sous-secrétaire à l'Energie à Washington.

Ce dernier s'est déclaré convaincu que le groupe, avec son portefeuille de commandes bien fourni et des bases financières solides, avait "un grand potentiel de croissance", tout en disant qu'il était trop tôt pour dire quel secteur - infrastructures, mines, énergie - lui paraissait le plus prometteur.

Interrogé sur les rumeurs concernant d'éventuels bouleversements à venir - purge parmi les hauts responsables, vente du groupe ou vente de ses activités de concessionnaire - il s'est borné à dire qu'il n'était "jamais approprié d'exclure d'avance quelque chose".

"Mais, a-t-il aussitôt ajouté, je ne suis pas un affairiste de Wall Street. Nous devons choisir la meilleure stratégie pour nos investisseurs, nos clients et nos salariés. Il faut attendre et voir".

Quant à l'enquête publique sur la corruption qui secoue les milieux du bâtiment au Québec, M. Card a dit que d'une part le groupe n'était pas concerné par celle-ci et que d'autre part "son intention était de garantir que SNC ne s'engage jamais dans ce genre d'activités", dont il "n'a pas besoin pour réussir".

via/sab/bdx

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