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30/09/2012 10:39 EDT | Actualisé 30/11/2012 05:12 EST

Prêt-à-porter parisien: héroïnes parisiennes chez Andrew Gn, la fraîcheur d'Hermès

PARIS - PARIS (Sipa) — Femmes-robots chez Ground Zero, éternelle héroïne de la Ville Lumière chez Andrew Gn ou nouvelle fraîcheur chez Hermès: les collections de prêt-à-porter du printemps/été prochain ont oscillé dimanche entre la création débridée se jouant des conventions, l'indémodable classicisme parisien et la légèreté qui sied à la belle saison.

Habitué à fournir les reines des tapis rouges, Andrew Gn, dont la maison de mode est basée à Paris, prouve qu'il est tout aussi capable de proposer à ses "princesses bourgeoises" un dressing tiré des fondamentaux. Bien que sollicité depuis des saisons par les sirènes de New York et de Londres, le créateur né à Singapour est resté un fidèle du calendrier parisien et sa collection pour la belle saison fait en quelque sorte office d'explication.

S'emparant de la PRN (petite robe noire), un brin d'ADN du vestiaire parisien, Andrew Gn la rallonge sous le genou. Il arrondit l'épaule et marque la taille, réhabilite la jupe crayon à taille haute et les chemisiers en mousseline aux légers effets de transparence, qu'il dévergonde de manches gigot.

Sûres de leur bon goût, les chevilles ceintes de bracelets de perles, ses modèles s'affichent aussi en d'autres jupes de lurex champagne ou vert anis dont le bas est brodé de larges motifs cachemire en organza noir. C'est le soir que ce dressing prend toute son ampleur. Quelques robes en taffetas retrouvent les bustiers enveloppants d'antan façon carton à chapeau. Des fourreaux, des robes sirène en satin duchesse aux teintes tranchées: moutarde, cramoisi ou bleu nuit nous disent que l'esprit d'Audrey Hepburn n'est pas loin...

Chez Ground Zero, on crée en famille. Les deux frères Chu, Eri et Philip se sont souvenus qu'enfants, ils étaient "dingues des robots, de dessins animés et de mangas", ont-ils confié en coulisse à Sipa.

Et comme ils aiment les rencontres improbables, ils se sont lâchés. "Pas facile de marier la féminité avec l'univers plutôt viril des robots, mais on aime les défis", avancent les deux créateurs chinois établis à Hong Kong. Il faut reconnaître que la sauce prend bien. Une kyrielle de polissonnes, le visage mangé d'immenses solaires noires, se succèdent sur le podium, en robe de mousseline de soie bardées d'inserts imprimés figurant des têtes stylisées de robots multicolores.

Ces dessins à effet "3D", qui évoquent également les vitraux médiévaux ou les kaléidoscopes, évoluent aussi en d'infinies fractales et dégoulinent de derrière un col, passent sur les manches et s'évanouissent le long d'immenses leggings de satin de soie grège ou blanc cassé. La collection est truffée de clins d'oeil parfois déconcertants, comme une cape de mousseline et tulle bleu nuage sur une baby-doll.

Poussant l'exercice au maximum, les duettistes ont aussi invité quelques personnages des classiques de Walt Disney: Blanche-Neige, Bambi ou Alice au Pays des merveilles sont brodés sur les bustes de petits pulls en jersey de laine bois de rose. "On adore ces références au monde innocent de l'enfance", plaide Philip. "On reste tous marqués à vie par ces personnages", renchérit Eri. Côté délire, les accessoires ne sont pas en reste. Les deux frères ont créé une ligne spéciale de souliers, sacs et pochettes inspirés de la collection en collaboration avec la marque Staccato pour un "total look" cybernétique.

Chez Hermès, Christophe Lemaire s'est attelé à construire un dressing rafraîchissant autour de quelques codes maison, auxquels il a ajouté de petites touches de couleurs savamment dosées.

Aux cuirs fins d'agneau glacé tabac, il oppose de chatoyants imprimés sur twill de soie. La rigueur martiale d'un trench-coat mastic collet-monté à larges revers est contrebalancée par des superpositions de matières et de couleurs (cuir, jersey et crêpe) color-block comme sur un ensemble veston, short et veste où le noir et blanc cohabitent en harmonie avec les teintes caramel, moutarde et bleu roi.

Misant sur le court et sur une nouvelle légèreté, le directeur artistique se réapproprie les mousselines de soie virevoltantes coupées en asymétrie pour ensuite s'assagir avec un ensemble cuir et jersey marron glacé et noir, ou avec une sobre blouse trapèze en soie sauvage à petit col d'un blanc immaculé.

Autre spécialité maison: la collection foisonne de détails que s'arracheront les fashionistas, comme l'escarpin pointu années 50 mais à semelle compensée, la cravate d'homme portée à même le cou, la micro-mitaine printanière qui ne couvre que la moitié de la paume ou encore l'immense "it bag" de cuir tricolore, dans lequel on ne retrouve jamais rien.

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