BÉCANCOUR, Qc - Des centaines de personnes ont pris part, dimanche, à une grande marche visant à sauver la centrale nucléaire Gentilly-2, à Bécancour, dans le Centre-du-Québec.

Le gouvernement Marois a annoncé la fermeture de la centrale qui emploie plus de 800 travailleurs spécialisés.

Selon les opposants à cette décision, le gouvernement aurait dû, en raison des répercussions économiques d'une fermeture sur la région, s'asseoir avec l'ensemble des groupes impliqués pour étudier objectivement la situation, et prendre ensuite les décisions qui s'imposent.

La mairesse de Bécancour, Gaétane Désilets, demande au gouvernement Marois d'arrêter de tenir la population dans l'ignorance et de révéler toutes les informations qu'il détient.

Mme Désilets soutient que de nouveaux chiffres ne correspondant pas avec les données diffusées depuis les douze derniers mois, ont fait leur apparition. Entre autres, le quotidien le Devoir rapportait samedi qu’Hydro-Québec recommande également la fermeture, parce que les coûts de réfection seraient prohibitifs, atteignant près de 4,3 milliards $. Un chiffre différent de ceux que Mme Désilets avait entendu auparavant.

Elle dénonce aussi le silence qui perdure au cabinet de la première ministre.

«On pensait que j'aurais eu un coup de téléphone pour parler de l'économie de la région, mais non», a dit Mme Désilets.

De plus, les demandes pour obtenir une rencontre avec Mme Marois demeurent sans réponse.

La mairesse avoue toutefois avoir rencontré le ministre responsable des régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Yves-François Blanchet, qui ne se serait pas «montré fermé» à la mise sur pied d'un «outil de concertation quelconque». M. Blanchet aurait aussi réitéré la promesse du gouvernement de consacrer une enveloppe d'investissements de 200 millions $ à la diversification de l'économie de la région.

Une proposition largement insuffisante, qui ne permettra jamais de contrebalancer les lourdes pertes d'emplois directs et indirects que représente la fermeture de la centrale, selon Mme Désilets.

La mairesse croit que toute la responsabilité de fermer ou non la centrale nucléaire retombe sur les épaules du gouvernement. «Ce n'est pas la ville de Bécancour qui décide ça, mais c'est la façon dont l'annonce a été faite qui a fait réagir, juge-t-elle. Le message qu'on nous envoie, c'est que ce n'est pas grave pour Bécancour».

La population continuera de se mobiliser pour obtenir une rencontre avec Mme Marois dans les plus brefs délais, prévient Mme Désilets.