Afghanistan : un soldat de l'Otan, un contractant civil et 3 soldats afghans tués

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(Archives AFP) | AFP

KABOUL (Afghanistan), 30 sept 2012 (AFP) - Une fusillade dans des conditions obscures entre l'Isaf et l'armée afghane a abouti à la mort d'un soldat de la force de l'Otan en Afghanistan et d'un civil travaillant pour elle ainsi que de trois militaires afghans, a annoncé l'Isaf dimanche.

"Ce qui a été rapporté initialement comme une attaque présumée de l'intérieur est à présent compris comme (un échange de tirs) ayant impliqué des insurgés", a fait savoir l'Isaf dans un communiqué.

"L'incident s'est produit alors que l'Isaf tenait un check-point temporaire près d'une unité de l'armée afghane (ANA)" dans la province instable du Wardak, à l'ouest de Kaboul, a raconté la coalition.

"Après une courte discussion entre des membres de l'Isaf et de l'ANA, des coups de feu ont été tirés, aboutissant à la blessure fatale d'un soldat de l'Isaf et à la mort d'un collègue civil. Dans l'échange de tirs consécutif, la mort de trois soldats afghans a été rapportée", selon ce texte.

Rien n'indique toutefois qui a tiré le premier, ce qui permettrait de comprendre lequel des deux corps est responsable de l'incident. A une question sur ce sujet lors d'une conférence de presse, le général Adrian Bradshaw, adjoint du commandant de l'Isaf, s'est refusé à répondre et a quitté la pièce.

"Une incompréhension a causé l'incident", a commenté le général Daulat Waziri, le porte-parole adjoint du ministère de la Défense afghan. Selon lui, une enquête est en cours afin de déterminer si des insurgés étaient impliqués.

"Il y a un rapport indiquant que des tirs d'insurgés ont eu lieu. Nous devons établir ce fait", a estimé le général Bradshaw.

La nationalité des victimes étrangères n'a pas été communiquée par l'Isaf, qui parlait jusqu'alors d'une "attaque de l'intérieur présumée", une expression signifiant qu'un membre des forces afghanes avait retourné son arme contre l'un de ses collègues de l'Isaf.

Selon Abdul Wali, le porte-parole de la police dans le Wardak, les deux victimes sont des Américains. Trois autres Américains ont été blessés, a-t-il précisé. D'après le général Waziri, l'incident a également fait 3 blessés côté afghan.

L'incident de samedi semble être une conséquence directe de la rupture du lien de confiance entre les forces de sécurité afghanes et leurs alliés occidentaux à la suite d'attaques commises par des hommes des forces afghanes à l'encontre de soldats de l'Isaf.

Cinquante-et-un membres de la coalition ont péri dans ces conditions en 2012.

"Honnêtement, je suis fou de rage (au sujet des tirs de l'intérieur)", a indiqué le général John Allen, le commandant de l'Isaf, pour l'émission 60 minutes de CBS qui doit être diffusée dimanche.

"Nous sommes prêts à beaucoup sacrifier pour cette campagne, mais nous ne sommes pas prêts à être tués pour cela", a-t-il remarqué, ajoutant que "la majorité des Afghans" étaient avec l'Isaf.

Les tirs de l'intérieur "nous compliquent singulièrement la tâche" car ils ont "miné la confiance qui doit exister entre les unités afghanes et celles de la coalition", a observé le général français Olivier de Bavinchove, chef d'état-major de l'Isaf et numéro 3 de la coalition dans un entretien à l'AFP.

"Une des raisons profondes des +green on blue+ (leur nom anglais, NDLR), c'est beaucoup plus une question d'éducation. Les Afghans ont été habitués pendant des siècles à régler les conflits par la violence, y compris les conflits domestiques", a-t-il analysé.

Des déclarations que le général Bradshaw a, très diplomatiquement, souhaité modérer. "Chaque jour sur le terrain, il y a des milliers d'interactions entre des gens travaillant étroitement ensemble", a-t-il affirmé, ajoutant que les relations entre Afghans et étrangers sont "très fortes".