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29/09/2012 04:59 EDT | Actualisé 28/11/2012 05:12 EST

Sumo: un Mongol à nouveau sacré yokozuna

Pour la troisième fois de suite, un Mongol a été sacré yokozuna, le plus haut grade dans le monde du sumo, ce qui fait grincer des dents à certains dans le monde très fermé de cet art de la lutte japonaise.

Harumafuji, 28 ans, de son vrai nom Davaanyam Byambadorj, a été sacré yokozuna à l'issue du grand tournoi d'automne de Tokyo, et il a célébré vendredi son titre et sa consécration dans un sanctuaire shinto de la capitale.

Pour la troisième fois d'affilée, c'est un Mongol qui a décroché le titre suprême, après avoir battu au dernier jour du tournoi de la capitale son compatriote Hakuho, 27 ans, qui était jusque-là le seul yokozuna en titre.

Vendredi, 3000 personnes se sont massées dans le sanctuaire Meiji de Tokyo pour partager ce titre avec Harumafuji.

Pendant deux minutes, ce colosse de 133 kilos s'est livré à la gestuelle rituelle de son art: il a levé et joint ses énormes bras au dessus de la tête dans un ample mouvement, a claqué ses mains, de véritables battoirs, avant de lever haut une jambe après l'autre avec un incroyable sens de l'équilibre pour sa masse. Cette "cérémonie" s'est terminée en posant les poings au sol, signal du départ du combat et de la charge contre l'adversaire.

Pour l'occasion Harumafuji arborait pour la première fois la ceinture des yokozuna, une "légèreté" de 9 kilos faite de lin tressé à la main.

Autour de lui, deux jeune lutteurs, l'un avec un faux sabre de samouraï, l'autre en guise d'escorte.

Et quand le nouveau yokozuna a écrasé ses poings sur le sol, la foule est devenue un immense "Yoi-sho!", le cri japonais quand on fait un énorme effort physique.

Ce rituel très codifié du dohyo-iri (la cérémonie d'entrée sur le ring) s'est déroulé dans la cour qui fait face au sanctuaire dédié à l'empereur Meiji, l'arrière-arrière grand-père de l'actuel empereur Akihito.

"Je voulais faire un beau dohyo-iri, je me suis concentré sur chacun des mouvements, je me sentais bien", a dit ensuite Harumafuji dans un japonais parfait.

Dans l'assistance, des femmes sont en pâmoison. "Je l'ai suivi du regard pendant qu'il montait sur le ring, j'étais transportée", raconte Satoko Asaka, drapée dans un délicat kimono.

Harumafuji est le 70e yokozuna depuis le XVIIe siècle, et le cinquième étranger à décrocher ce titre suprême depuis que le Hawaïen Akebono a brisé la suprématie totale des Japonais en 1993.

Il avait été rejoint dans l'élite en 1999 par un compatriote, Musashimaru, puis par trois sumotori mongols.

Cette montée en force des étrangers n'est pas du goût de certains inconditionnels de ce sport qui colle à l'image du Japon, où de potentiels talents préfèrent se tourner vers des sports plus rémunérateurs.

"Très franchement, je veux avoir des yokozuna japonais", dit Tanosuke Sawamura, un acteur octogénaire de théâtre kabuki et membre du conseil chargé d'accorder le titre suprême.

Sportif, il reconnaît toutefois que Harumafuji a été "admirable" durant la cérémonie d'intronisation.

"Les lutteurs mongols ont travaillé dur pour arriver jusque-là. Ca serait bien que les Japonais en fassent de même", dit le responsable des relations publiques du sanctuaire Meiji.

Malgré une série de scandales ces dernières années --matches truqués, consommation de drogue, etc.--, le sumo reste encore très populaire, et la télévision publique NHK continue de retransmettre en direct les grands tournois.

sps/jlh/mam

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