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29/09/2012 01:33 EDT | Actualisé 29/11/2012 05:12 EST

Sulzberger, le dirigeant emblématique du New York Times¸ s'est éteint à 86 ans

WASHINGTON - L'ancien directeur de la publication du "New York Times" Arthur Ochs Sulzberger, qui avait dirigé pendant trois décennies le quotidien américain, est mort samedi à l'âge de 86 ans, après une longue maladie, a annoncé sa famille.

Sous sa direction, le journal a remporté 31 prix Pulitzer, publié les "Pentagon Papers", des documents classifiés sur la guerre du Vietnam et remporté une victoire judiciaire décisive en 1964 pour la protection de la liberté de la presse.

Son grand-père avait acquis le "New York Times" en 1896 et l'avait transformé en journal le plus influent des Etats-Unis. Arthur Ochs Sulzberger, surnommé "Punch", avait pris les rênes du titre à l'âge de 37 ans, en 1963, après la mort soudaine de son beau-frère.

En 1992, il avait laissé la place de directeur de la publication à son fils, mais était resté président de la compagnie "New York Times". Il avait pris sa retraite de PDG en 1997, siégeant toutefois au conseil d'administration du quotidien jusqu'en 2002.

"Punch, l'ancien capitaine des Marines qui n'a jamais fui au combat, était un farouche défenseur de la liberté de la presse", a rappelé son fils, et actuel directeur du journal, Arthur Ochs Sulzberger Junior, dans un communiqué lui rendant hommage. Il a ainsi contribuer à "étendre l'accès à une information cruciale et à éviter la censure du gouvernement et son intimidation".

Sulzberger avait mis en place d'importantes transformations pour moderniser le journal et étendre son lectorat. Le quotidien avait ainsi lancé une édition nationale, avait acquis les premières imprimantes en couleur et introduit des rubriques plus populaires comme la science, la gastronomie ou les loisirs.

Dans une période de déclin de la presse aux Etats-Unis, le tirage du "New York Times" en semaine est passé de 714.000 d'exemplaires en 1963 à 1,1 million au départ de Sulzberger en 1992.

En 1964, la cour suprême américaine avait statué en faveur du journal dans l'affaire "Times" contre Sullivan, protégeant la presse de poursuites en diffamation de responsables officiels à moins que ne soit prouvée une intention de nuire.

En 1971, le "Times" avait mené la bataille au nom du 1er Amendement de la Constitution sur la liberté d'expression pour empêcher que le gouvernement fasse cesser la publication des "Pentagon Papers", une série de documents classés secret-défense sur les Etats-Unis pendant la guerre du Vietnam. Sulzberger avait lu plus de 7.000 pages de documents avant de décider de les publier. La cour suprême avait fini par donner raison au journal et au "Washington Post" qui avait commencé à publier des extraits quelques jours après le "New York Times".

Ancien journaliste au "NYT" du temps de Sulzberger et auteur d'un livre sur l'histoire du journal ("The Kingdom of Power"), Gay Talese le considère comme un "brillant directeur", qui "a dépassé de loin les exploits de son père dans l'amélioration de la qualité du journal".

"Surtout, il a élevé la qualité du journal à un niveau jamais connu", avait dit à son sujet Katharine Graham, ancienne directrice du "Washington Post", décédée en 2001.

Andrew Rosenthal, décédé en 2006 et ancien responsable de la rédaction de 1977 à 1986, jugeait que Sulzberger était "probablement le meilleur directeur de l'histoire moderne américaine".

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